Un nouvel appel de candidatures est lancé afin de nommer un successeur à Martin Gauthier.

Rectorat de l'UQAC: nouvel appel de candidatures

Le Comité de sélection pour la nomination d'un nouveau recteur à l'Université du Québec à Chicoutimi en remplacement de Martin Gauthier a décidé de retourner en appel de candidatures en raison d'une levée de boucliers provoquée par le coulage de certaines informations en début de semaine sur les noms qui seraient soumis à la consultation de la communauté universitaire.
La nouvelle a été confirmée par communiqué en fin d'après-midi, vendredi, alors que les rumeurs les plus farfelues circulaient dans les corridors de l'établissement. Malgré la nature confidentielle du processus de sélection, dont la présidence du comité de sélection est assurée par la présidente du réseau Sylvie Beauchamp, des informations ont commencé à circuler en début de semaine sur les noms qui devaient être soumis à la consultation auprès de la communauté universitaire.
Il s'agit des candidatures du doyen à la recherche Stéphane Allaire et de son collègue aux études Étienne Hébert. Cette information a eu pour effet de confirmer que la candidature de l'économiste Marc-Urbain Proulx a été ignorée pour une seconde fois de la course au rectorat de l'UQAC.
« Les membres du Comité de sélection se sont réunis le vendredi 3 février 2017. Après analyse, le Comité a estimé préférable de poursuivre la recherche de candidats pour assumer le rectorat de l'Université du Québec à Chicoutimi. De plus, une firme spécialisée en recherche de cadres supérieurs accompagnera le Comité de sélection pour l'appuyer dans ses travaux », précise le communiqué émis par le siège social de l'UQ.
Malaise
Cette décision du comité de sélection illustre bien le malaise qui persiste à l'UQAC quand arrive le moment de trouver un candidat pour occuper la fonction de recteur. Il faut rappeler que le recteur actuel, Martin Gauthier, avait entrepris le processus de renouvellement de mandat comme lui permet le règlement de l'université. Il a décidé de se retirer du processus de renouvellement au terme d'un important bras de fer avec les syndicats et après que le comité de sélection eut mené sa propre consultation auprès des employés syndiqués et cadres de l'université. Le retrait de Martin Gauthier a donné lieu à un processus d'appel de candidatures.
Il y a six ans, le comité de sélection de l'UQ avait été dans l'obligation de retourner en appel de candidatures. Le processus pour le remplacement de Michel Belley avait également soulevé de nombreuses critiques au sein de la communauté universitaire. Plusieurs avaient alors mentionné que Michel Belley avait manoeuvré pour s'assurer d'écarter la candidature de Marc-Urbain Proulx, professeur avantageusement connu du département des sciences économiques.
Informations modifiées
Vendredi midi, les informations qui circulaient en début de semaine avaient déjà changé et certaines personnes s'attendaient à ce qu'il y ait un changement de cap de la part du comité de sélection. Ce qui s'est produit quelques heures plus tard.
Le Quotidien a demandé une entrevue avec le président du conseil d'administration de l'UQAC, Laval Boulianne, qui participe aux travaux du comité de sélection. Laval Boulianne a refusé d'accorder une entrevue en raison de la nature confidentielle des travaux du comité de sélection.
Au cours des deniers jours, Le Quotidien a recueilli plusieurs commentaires auprès d'acteurs de la communauté. Les personnes interrogées se demandent si le président du conseil d'administration de l'université ne manoeuvre pas pour rejeter systématiquement la candidature de Marc-Urbain Proulx.
Cette histoire remonte au processus de sélection mené il y a cinq ans pour le remplacement du recteur Michel Belley. Encore une fois, le président du conseil d'administration de l'UQAC s'était retrouvé au comité de sélection dirigé par la tête du réseau. Marc-Urbain Proulx avait été écarté dès la première phase des travaux du comité et sa candidature avait été rejetée avant même qu'il ne puisse exposer sa vision.
Cette fois, les différentes sources consultées affirment que le président du conseil d'administration de l'établissement voudrait contrer les manoeuvres syndicales. Sans être en colère, le président du conseil n'a pas apprécié la campagne menée par les syndicats, dont celui des professeurs réguliers, qui a eu raison de Martin Gauthier. Laval Boulianne avait eu un rôle de premier plan dans la sélection de Martin Gauthier au poste de recteur, il y a six ans.
Procédures et sélection
À partir de lundi matin, les personnes intéressées peuvent soumettre leur candidature au comité de sélection de l'Université du Québec. Des groupes ont également la possibilité de soumettre des candidatures. Le comité de sélection, dans une seconde étape, vérifiera l'intérêt des candidats avant d'entreprendre l'analyse des candidatures pour en retenir une ou deux pour les soumettre à la consultation de la communauté. La candidature retenue sera soumise au vote de l'assemblée des gouverneurs. Ce n'est qu'après cette étape que le ministre de l'Éducation recevra le nom du candidat pour le soumettre au conseil des ministres qui a le loisir d'accepter ou rejeter la candidature.
«Rappelons que le Comité de sélection est présidé par Sylvie Beauchamp, présidente de l'Université du Québec. Il compte aussi Laval Boulianne, président du Conseil d'administration de l'Université du Québec à Chicoutimi, Pierre-A. Cousineau, professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi, Johanne Jean, rectrice de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, et Annie Tremblay, membre socioéconomique de l'assemblée des gouverneurs. André G. Roy agit à titre de secrétaire du comité. Les personnes intéressées à poser leur candidature pourront ainsi faire parvenir leur curriculum vitae à monsieur Patrick Kenniff, de la firme Kenniff & Racine», précise en conclusion de communiqué de l'UQ.