Coupe à blanc au Lac-Kénogami

Récolte forestière au Lac-Kénogami: les résineux en majorité

Les cinq zones visées par le plan spécial de récupération du bois au sud du lac Kénogami présentent des peuplements d’essences complètement différents de ce que laissent entendre les opposants. Les résineux dominent très largement cette forêt qui fait partie intégrante de la possibilité forestière québécoise.

C’est ce qui se dégage des calculs de volumes de bois réalisés par les techniciens forestiers de trois des 19 entreprises détenant des approvisionnements dans cette unité d’aménagement, et ce, à partir de 350 parcelles de territoire inventoriées au cours du dernier mois. Les cinq zones qui feront l’objet du plan spécial sont ainsi constituées de 76 % de résineux (sapin, épinette/blanche-noire) et de 24 % de feuillus (tremble, bouleau, bouleau jaune, peuplier).

Le gouvernement du Québec réfère à l’article 60 de la Loi sur l’aménagement durable des forêts qui l’autorise à mettre en place un plan spécial pour récupérer les arbres affectés par la tordeuse avant qu’il ne soit trop tard pour les utiliser dans les usines de transformation. Dans son évaluation préliminaire, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs envisageait un plan spécial de 500 000 mètres cubes dans les essences de feuillus et de résineux.

Les sondages avec les parcelles démontrent que le plan spécial permettra de récupérer 315 000 mètres cubes de bois dont la valeur atteindra 60 M$ à raison de 200 $ d’activités économiques par mètre cube récolté.

40 % de défoliation

Les taux de défoliation sont généralement utilisés pour évaluer quand il est opportun de récupérer les peuplements de résineux afin de limiter les pertes. Les parcelles de terrain inventoriées présentent en moyenne des taux de défoliation de 40 % des tiges. Le sapin constitue l’essence de prédilection de la tordeuse avec un taux de défoliation de 49 % contre 38 % pour l’épinette blanche et 11 % pour l’épinette noire. Au total, les rapports démontrent que 92 000 mètres cubes de bois sont en ce moment affectés par la tordeuse sur les 315 000 mètres cubes contenus dans les différentes assiettes de coupe. La tordeuse a déjà causé la mort de 5 à 8 % des tiges dans le résineux.

Les chiffres obtenus par Le Quotidien ont été vérifiés par des ingénieurs forestiers. Les trois entreprises ont transmis au ministère les données recueillies sur les 350 parcelles de territoire inventoriées. Il faut mentionner qu’un jour ou l’autre, puisque la ressource ligneuse disponible sur ce territoire est comptabilisée pour accorder des garanties d’approvisionnement à 19 entreprises de la région, des droits de coupe auraient fini par être accordés aux entreprises œuvrant dans la transformation de résineux et de feuillus.

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LE PLAN SPÉCIAL SUR 1,4% DU BASSIN VERSANT

Les opposants aux coupes forestières au sud du lac Kénogami ont évoqué comme argument un éventuel impact sur la qualité de l’eau potable de Saguenay, puisque le bassin versant du lac alimente la ville en eau potable.

Or, la superposition des cartes permet d’établir que le plan spécial sera déployé sur à peine 1,4 % de la superficie globale du bassin versant. Ce qui signifie des travaux sur une superficie de 4816 hectares alors que le bassin versant du lac Kénogami, qui approvisionne les puits de captation d’eau potable de Saguenay, est d’une superficie de 337 558 hectares.

Une recherche rapide a permis d’établir que des opérations forestières ont été réalisées à plusieurs reprises dans ce bassin versant sans aucun impact sur la qualité de l’eau potable au Saguenay. Les détenteurs de baux de villégiature, qui ont annoncé vouloir s’adresser aux tribunaux pour bloquer le plan spécial du gouvernement, ont avancé, dans les arguments qu’ils soulèvent, qu’il y avait un risque d’impact majeur sur la qualité de l’eau potable de Saguenay, ce qui aura pour conséquence des augmentations de la facture de taxes des contribuables.

Un autre calcul à partir de la superposition des cartes permet d’établir que le plan spécial sera déployé sur à peine 14 % du territoire identifié dans la demande de création d’une aire protégée au sud du lac Kénogami et 2 % de la superficie pour ce qui est de la seconde demande d’aire protégée dans le secteur de la rivière aux Écorces.

Les entreprises vont réaliser l’an prochain l’inventaire terrain du secteur McDonald. Les premières projections permettent d’établir un pourcentage de 66 à 70 % de résineux et de 30 % de feuillus. L’analyse du ministère confirme les relevés de terrain réalisés au cours des dernières semaines selon le tableau transmis aux détenteurs de droits sur ces territoires.

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DÉLAIS DE RÉCOLTE

Selon les expériences menées lors des dernières épidémies de tordeuse, le temps maximum de récupération des tiges à partir du moment où le taux de défoliation dépasse 50 % est de deux ans. Après ce délai, les tiges éclatent lorsqu’elles sont manipulées par les abatteuses et n’ont plus aucune valeur commerciale. La période de deux ans s’applique au lac Kénogami, puisque l’autre critère est la durée de l’épidémie et les indicateurs de la SOPFIM confirment que cette épidémie est toujours en cours dans les forêts régionales.