Le technicien Sylvain Boulianne montre une tige de sapin qui a séché après avoir été défoliée par la tordeuse du bourgeon de l’épinette. Ces tiges vont donner du bois d’oeuvre de troisième qualité.

Récolte de bois au nord de Bégin: le temps presse

Les équipes forestières de la Scierie Girard procèdent en ce moment à la récolte de 130 000 mètres cubes de bois sur un territoire situé au nord de la municipalité de Bégin et les responsables de l’opération considèrent qu’il est plus que le temps de passer à l’action.

« Prenez une bande de 35 kilomètres de chaque côté du Saguenay et il faut récolter. Nous sommes à la limite et même un peu tard », avance le copropriétaire de la scierie, Jean-Pierre Girard. Généralement, les industriels ne trouvent aucune qualité au sapin qui donne du bois d’œuvre de qualité inférieure et des copeaux difficiles à vendre.

Jean-Pierre Girard et Sylvain Boulianne considèrent que le gouvernement aurait pu mettre en place les plans spéciaux de récolte plus tôt afin de limiter les pertes causées par la tordeuse du bourgeon de l’épinette.

« Même si le bois est de moins bonne qualité et même s’il est plus difficile à transformer parce que la fibre a trop séché, il faut le récolter. C’est notre industrie. Et le gouvernement n’accorderait pas de rabais qu’il faudrait malgré tout procéder à ces opérations », reprend Jean-Pierre Girard.

Le directeur des opérations forestières de l’entreprise, le technicien Sylvain Boulianne, a une bonne idée de l’état d’avancement et surtout des effets de l’épidémie de tordeuse. L’entreprise avait procédé à une récolte préventive dans les secteurs de villégiature en bordure du lac Sébastien il y a deux ans. La récolte actuelle n’est qu’à quelques kilomètres de celle-ci et en moins de deux ans, il constate une nette dégradation de la fibre.

Scierie Girard Tordeuse ravages
Photo» Jeannot Levesque

« On évalue jusqu’à maintenant les pertes à 25 % des tiges. Nous retrouvons beaucoup d’arbres cassés au sol. Même les tiges d’épinette blanche sont atteintes par l’épidémie et plusieurs n’ont plus aucune valeur commerciale », explique le technicien forestier.

Une visite de la zone de récolte a permis de constater l’état d’avancement de l’épidémie et surtout les dommages causés par la défoliation des tiges suivie de la mort de l’arbre. Des bouquets complets de sapins sont gris et plusieurs sont cassés. Il a été possible d’observer plusieurs épinettes blanches qui ont tout simplement été cassées au niveau de la tête par l’effet du vent.

Scierie Girard Tordeuse ravages
Photo» Jeannot Levesque

Il arrive que les opérateurs d’abatteuse tronçonnent une tige et que l’arbre se désintègre complètement quand il passe dans les rouleaux de la tête multifonctionnelle. Les tiges sont alors laissées sur le sol puisqu’il est impossible de les acheminer à la scierie.

Les tiges affectées par la tordeuse qui vont donner du bois de troisième qualité sont facilement identifiables. Elles ont une couleur rouge.

Scierie Girard Tordeuse ravages
Photo» Jeannot Levesque

Contrairement aux projections du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, les responsables de la foresterie de la Scierie Girard estiment que l’épidémie de tordeuse aura inévitablement un impact dans le prochain calcul de possibilité forestière de l’unité d’aménagement. Ils sont aussi convaincus que d’autres plans spéciaux seront nécessaires pour récolter le maximum de volume de bois avant qu’il ne soit plus rentable de le récupérer.

Scierie Girard Tordeuse ravages
Photo» Jeannot Levesque