Réal Côté, maire d’Hébertville-Station

Réal Côté accusé d'être un tyran colérique

Un échevin d’Hébertville-Station, Hamid Benouanas, exige la démission du maire Réal Côté. Selon lui et deux autres conseillers, le magistrat agit en « tyran colérique » durant leurs rencontres.

En plus de ses « crises », le magistrat aurait tenu des propos à caractère raciste contre M. Benouanas, qui a officiellement porté plainte à la Sûreté du Québec pour intimidation et au ministère des Affaires municipales.

« Se faire crier, se faire insulter, je ne pense que ça a sa place ici. On se donne pour la communauté. On fait du bénévolat. Mais travailler dans des conditions pareilles, ça ne m’intéresse pas. Réal, retire-toi honorablement. Tu n’es plus capable de gérer ta colère. Tu es inapte à occuper un poste de ce niveau », a réclamé publiquement le conseiller Benouanas, lors de la dernière séance du conseil. 

Les discussions se sont envenimées avec le dossier de la caserne et du camion de pompiers. Une étude, rappelons-le, a été commandée pour analyser la pertinence de conserver le service dans la petite localité. 

Des paroles dures tenues à l’endroit d’un employé de la Régie incendie par un conseiller ont poussé l’organisation et la municipalité à envoyer une lettre d’avocat aux échevins, les invitant à modérer leurs propos. Une lettre qui a coûté 1500 $ et dont la moitié a été payée par Hébertville-Station.

C’est cette facture, notamment, qui a suscité la grogne d’Hamid Benouanas, car la dépense a été autorisée sans l’approbation des conseillers. L’échevin a demandé des explications au maire qui lui a répondu qu’il n’avait pas à réunir tout le conseil pour une telle dépense. 

M. Benouanas est revenu sur le dossier à d’autres reprises pendant les réunions, exigeant plus d’explications au maire. 

« Ce n’est pas un importé de l’autre bord qui va me montrer quoi faire », a finalement répondu M. Côté. 

Questionné sur ces réactions, le maire admet avoir tenu ces propos envers un conseiller. Il estime avoir dépassé les bornes et promis de ne plus répéter ce genre de propos.

Deux conseillers, outre M. Benouanas, confirment l’attitude du maire. À leur avis, les échevins ne sont qu’un « décor ». Un autre conseiller interrogé, qui ne souhaite pas s’immiscer publiquement dans le débat, prétend toutefois le contraire.

« C’est complètement faux de prétendre que les conseillers ne prennent pas de décisions. Je suis absent sur près de 60 % des comités, donc ils sont très présents. Ce que j’ai dit, c’est malheureux. Mais j’ai débordé devant les incessantes questions du conseiller », avoue M. Côté. 

Ce dernier refuse d’ailleurs de démissionner, comme l’exige M. Benouanas.

Quant aux plaintes, le MAMOT aurait signifié au conseiller qu’il n’y aura pas d’enquête, car c’est une question de « respect ». Quant aux policiers, le maire a été rencontré, mais aucune accusation n’a été portée pour intimidation.