Le directeur de la station régionale de Radio-Canada, Michel Gagné (à gauche), a annoncé aux employés jeudi qu’il partira bientôt pour la retraite. C’est l’actuel directeur de l’information, Christian Grégoire, qui prendra la relève.

Radio-Canada: Michel Gagné tire sa révérence

Au cours des prochaines semaines, un changement de garde s’exercera à la station régionale de Radio-Canada. Après 40 ans de métier, le directeur général, Michel Gagné, prendra sa retraite. C’est l’actuel rédacteur en chef, Christian Grégoire, qui lui succédera.

Michel Gagné a d’abord été journaliste, puis a travaillé comme animateur, réalisateur et rédacteur en chef. Il a pris la barre de la station que plusieurs régionaux appellent encore CBJ il y a une quinzaine d’années. Pour ce vétéran de l’information régionale, le départ à la retraite est une décision mûrement réfléchie, prise il y a environ huit mois. 

« L’organisation se porte bien avec le regroupement, il y a quelques années, de la radio et de la télé ensemble. À l’époque, le numérique existait peu ou pas. Maintenant, il est là. Avec les trois plateformes, je pense qu’on a une vitesse de croisière qui est fort intéressante pour l’information au Saguenay-Lac-Saint-Jean », fait valoir Michel Gagné.

Le patron de la station régionale a été témoin d’importants changements technologiques depuis sa première incursion dans le domaine des médias. 

« C’est l’accélération des technologies qui a été le changement le plus marquant. À l’époque, dans les salles de nouvelles, on travaillait avec des dactylos. On avait des feuilles de papier avec des carbones dedans pour faire des copies de nos nouvelles et quand on était sur le terrain, il fallait envoyer des sonores avec des pinces alligator à même les téléphones », raconte Michel Gagné avec humour.

Aujourd’hui, le téléphone intelligent permet la prise de photos, l’enregistrement d’extraits sonores et le montage. Ces éléments facilitent le travail des journalistes, mais installent une forme d’exigence en matière de rapidité d’exécution. Selon le directeur sortant, il est primordial de ne pas perdre de vue les impératifs de contenu, de pertinence et de rigueur qui forment la base du journalisme. 

« Le moyen qu’on utilise, lui, est rapide, mais le contenu doit toujours reposer sur la rigueur et les choix que les journalistes doivent faire. Oui, on s’attend à une photo rapidement si on arrive sur un fait divers pour pouvoir la déposer sur notre site Internet, mais le contenu et la livraison de cette nouvelle doivent répondre à nos normes journalistiques. C’est notre crédibilité, c’est notre marque de commerce », martèle-t-il.

Atomes crochus

La gouverne de Radio-Canada en région sera assumée par un homme au parcours en plusieurs points similaire à celui de son prédécesseur. Christian Grégoire, un Abitibien d’origine, s’est installé dans la région en 2013. Il a lui aussi été journaliste terrain, dans l’Ouest, à Toronto et à Montréal, avant de devenir rédacteur en chef à Saguenay. Les confrères ont développé des atomes crochus. 

« Michel laisse une salle des nouvelles en parfaite santé. On va continuer d’offrir une valeur ajoutée sur le Web. Le numérique, ce n’est plus une expression nouvelle, c’est le monde dans lequel on vit aujourd’hui. Ça ne nous empêche pas d’offrir une qualité radiophonique et télévisuelle de haut niveau. Le grand défi, c’est qu’on doit bien faire de l’information sur les trois plateformes », pointe-t-il.

Autre défi : convaincre la jeune génération de continuer de s’informer en s’abreuvant aux bonnes sources. Pour ce faire, la production d’information de qualité, à travers laquelle la population régionale peut se reconnaître, est essentielle. 

« On n’a jamais eu autant d’informations sur les médias sociaux et de fausses informations. Les gens ont besoin d’ancrages par l’entremise de médias reconnus. Notre raison d’être est plus forte que jamais et c’est comme ça qu’on va se démarquer et durer dans le temps », met en relief Christian Grégoire. 

Michel Gagné a l’intention de profiter de la retraite pour voyager, lire et concrétiser des projets personnels. Celui qui, de son propre aveu, « parle à sa radio, à sa télévision et à son Web », n’a pas l’intention de jouer à la belle-mère. Il s’imposera un certain détachement, tout en demeurant un fidèle auditeur, téléspectateur et internaute.