Question du caribou: une première rencontre annulée

L’affrontement sur le caribou forestier qui se dessine depuis 2013 entre le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, d’un côté, et les industriels forestiers et élus des communautés de la forêt boréale, de l’autre, a franchi une étape déterminante, mardi. La première rencontre du groupe opérationnel régional (GOR) a été annulée.

Cette première rencontre du GOR devait être tenue dans le cadre du suivi de la tournée du ministre des Forêts, Pierre Dufour, au printemps. La rencontre avait lieu à Jonquière en l’absence des hauts fonctionnaires de la direction du ministère et n’a duré que quelques minutes.

Les industriels avaient posé quatre conditions pour participer au suivi de la tournée du ministre. Ils avaient également fait connaître cette position dans une missive transmise au bureau du premier ministre François Legault. Tout indique que le bureau du premier ministre n’a pas pris au sérieux les inquiétudes des industriels puisque les fonctionnaires de la direction régionale n’avaient aucune réponse sur les quatre demandes émanant de l’industrie et qui avaient déjà été endossées par les élus des communautés forestières.

Les industriels réclamaient la modulation des mesures intérimaires de protection jusqu’en 2023, avec le retrait des massifs forestiers protégés sur les territoires envisagés, ce qui comprend une seconde mesure qui permettrait de superposer le plan de l’aménagement de l’habitat du caribou en vigueur jusqu’en 2023.

Les industriels craignent que ces mesures intérimaires paralysent l’industrie et se traduisent par des ruptures d’approvisionnement pour plusieurs usines de sciage de résineux d’ici 2023.

Les industriels exigent de plus le dépôt des résultats des inventaires des hardes de caribous réalisés pendant l’hiver 2019. Le ministère, malgré des demandes d’accès à l’information, refuse systématiquement de publier ces données. Les industriels ont été incapables de faire plier la direction du ministère des Forêts sur cet enjeu.

La troisième condition visait la publication du contenu de l’entente intérimaire intervenue entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec. Québec a assuré ne pas avoir signé d’entente, mais les documents étaient prêts puisque le fédéral a confirmé dans son état de situation de janvier dernier la signature de cette entente.

La quatrième condition concernait la présence des élus des communautés forestières et des représentants des travailleurs.

Le ministère n’a pas invité un seul élu pour cette rencontre et n’a pas confirmé son intention de le faire.

Le gouvernement du Québec, dans le cadre des mesures intérimaires, a choisi de se plier aux exigences du gouvernement fédéral, dont le plan de rétablissement pour le pays impose une perturbation maximum des forêts de l’ordre de 35 %.

Ce plan, si Québec le confirme, se traduira par la perte de trois millions de mètres cubes de possibilité forestière et la disparition de 9000 emplois dans les régions de la Côte-Nord, du Nord-du-Québec et de l’Abitibi.