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Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a présenté mercredi la nouvelle stratégie de production de bois du gouvernement du Québec. Cette photo a été prise l'été dernier lorsque le ministre Dufour était de passage à Roberval pour faire le point sur l'important feu de forêt qui faisait rage au nord du Lac-Saint-Jean.
Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a présenté mercredi la nouvelle stratégie de production de bois du gouvernement du Québec. Cette photo a été prise l'été dernier lorsque le ministre Dufour était de passage à Roberval pour faire le point sur l'important feu de forêt qui faisait rage au nord du Lac-Saint-Jean.

Québec veut pratiquement doubler la récolte de bois en 60 ans

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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Le gouvernement du Québec a de grandes ambitions avec sa nouvelle Stratégie nationale de production de bois alors qu’il veut doubler ses exportations sur une période de 60 ans pour les faire passer de 9 à 19 G$, en plus de faire passer la récolte forestière de 29 à 52,9 millions de mètres cubes sur la même période.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a présenté mercredi cette stratégie qui s’inscrit dans le plan de relance économique du Québec. Le projet repose en partie, selon le ministre, sur la dernière évaluation du Forestier en chef, qui considère que la forêt québécoise, actuellement en très bon état, est aujourd’hui soumise aux plus basses pressions depuis les 30 dernières années.

«Le constat est simple, tranche le ministre Dufour. La forêt québécoise est sous-exploitée.»

Il est possible, selon le ministre, d’augmenter l’exploitation des forêts québécoises de façon significative tout en respectant les critères du développement durable et en «verdissant» l’économie québécoise.

«Toujours dans un contexte d’aménagement durable des forêts, l’objectif est d’augmenter la valeur des forêts publiques et privées pour créer de la richesse, tout en jouant un rôle important dans la lutte contre les changements climatiques», précise le document officiel du gouvernement.

L’objectif à long terme de la récolte forestière est ambitieux, mais l’objectif à court terme représente un défi considérable. Québec prévoit que la récolte de bois va passer de 29 à 33 millions de mètres cubes de bois en 2025. Il s’agit d’une croissance de l’ordre de 800 000 mètres cubes de bois par année que le ministère pourrait attribuer aux différents détenteurs de garanties d’approvisionnement. Le ministère n’a toutefois pas réparti l’augmentation de la récolte entre les essences de résineux et de feuillus.

Selon Pierre Dufour, cette croissance des volumes disponibles sera générée par une meilleure utilisation du bois puisque l’industrie ne récolte pas la totalité des volumes. Le ministère entend de plus soutenir cette croissance par des opérations de sylviculture et de reboisement, lesquelles permettent d’améliorer la possibilité forestière.

Il faudra attendre à 2023 avant d’avoir une idée plus précise des volumes disponibles. C’est à ce moment que le Forestier en chef procédera à la révision de ses calculs.

Le gouvernement du Québec entend investir des sommes additionnelles pour soutenir son plan dans les cinq prochaines années. Le ministre Pierre Dufour a confirmé une augmentation du budget de sylviculture de 25 M$ par année pour les 5 prochaines années. Le budget annuel passera donc de 225 M$ pour l’industrie sylvicole à 250 M$ (rattrapage de l’indexation depuis 2013). Cette annonce, selon le ministre, donne une plus grande prévisibilité aux entreprises en travaux sylvicoles qui doivent faire face à des défis importants.

La stratégie du gouvernement du Québec est également basée sur la forêt privée. Il n’a cependant pas été possible de connaître mercredi la répartition des nouveaux budgets entre la forêt privée et la forêt publique.

Le ministre Pierre Dufour a répété à quelques reprises que le plan déposé par le gouvernement était appuyé par les vérifications du Forestier en chef. Il tient aussi compte des autres particularités associées à la forêt avec la création des aires protégées et la stratégie caribou qui devra un jour ou l’autre être déployée. Québec a d’autre part abandonné l’idée de dédier des territoires à la production intensive de bois. Chacune des régions du Québec devra présenter une stratégie d’ici décembre 2021 et l’addition de ces stratégies devra permettre d’atteindre les objectifs pour l’ensemble du Québec.

La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il faut le mentionner, a déjà sa propre stratégie de production de bois depuis au moins sept ans. Il s’agit d’une stratégie qui repose sur des outils de mesure déployés un peu partout sur le territoire.

Le ministre ne semble pas inquiet quant à l’acceptabilité sociale de cette stratégie. De plus en plus de groupes réclament une diminution de la récolte forestière alors que Québec propose une augmentation. Selon Pierre Dufour, il y a effectivement de l’opposition dans certains secteurs, mais il croit qu’il sera possible de rallier la population à ce plan qui vise à supporter la relance économique tout en permettant de lutter contre les changements climatiques.

La grogne persiste dans les régions et au sein des entreprises depuis les annonces sur la modification administrative du régime forestier. Le ministre Pierre Dufour a confirmé mercredi que le coût de la fibre représentait effectivement un enjeu. Il a demandé d’attendre la mise en place des modifications administratives.

En plus de la stratégie de production de bois, le ministère a présenté une nouvelle mouture de la stratégie d’utilisation du bois dans la construction des immeubles ou des infrastructures. Cette stratégie est une mise à jour de la charte du bois et rien n’assure que les immeubles publics ainsi que des ouvrages comme les ponts seront érigés en bois.