Le député Serge Simard, le maire de Chambord, Gérard Savard, le président de Norbord, Peter Wijnbergen, le premier ministre Philippe Couillard, le ministre Luc Blanchette, et le député fédéral, Denis Lebel, ont pris part à l'annonce de l'octroi d'une garantie d'approvisionnement de 419 200 m3.

Québec confirme une garantie d'approvisionnement à Norbord

Avec une garantie d'approvisionnement de 419 200 m3, les chances de voir rouvrir l'usine Panneaux Chambord, fermée depuis huit ans, ont augmenté grandement. Pourrait suivre un investissement de 70 M $ effectué par Norbord pour moderniser l'usine et fabriquer du panneau à copeaux orientés.
Philippe Couillard était heureux de faire cette annonce le jour de son anniversaire.
Le premier ministre du Québec Philippe Couillard a officialisé cet approvisionnement forestier au coeur de l'usine fermée en 2008, lundi matin. « Cette usine a été gardée dans un bon ordre au cours de ses années de fermeture. Ç'a contribué à l'échange d'usines entre Norbord et Louisiana Pacific et les chances de sa réouverture et de l'annonce de ce matin », a-t-il mentionné. Une journée parfaite pour le député de Roberval qui célébrait son anniversaire. « Il s'agit de l'une des garanties d'approvisionnement de bois la plus importante accordée par le gouvernement. Quand j'ai fait l'annonce des Serres Toundra, j'ai dit que c'était un des plus beaux moments de ma carrière politique. Celle d'aujourd'hui est du même niveau si vous demandez pourquoi Denis, Serge et moi on est en politique, c'est pour vivre des moments comme ça. Qu'on a fait une différence en intervenant au bon moment. C'est donc une étape majeure. Tout le monde veut que ça ouvre. Et le gouvernement va être là pour favoriser et accélérer les investissements. Et pour moi, la nouvelle extraordinaire, c'est qu'on parle d'un total forêt et usine de plus 300 emplois. C'est comme 3000 à Montréal », a-t-il ajouté.
D'autres étapes à franchir
Pour le président de Norbord, Peter Wijnbergen, l'annonce de cet approvisionnement forestier constitue l'étape la plus importante pour la réouverture de l'usine. Il restera ensuite à signer un nouveau contrat de travail avec le syndicat en place et ensuite déterminer les investissements à réaliser pour rendre l'usine productive et concurrentielle. Une mise aux normes qui pourrait atteindre 70 M $. « L'ensemble de ces conditions devra nous permettre d'opérer à faible coût pour assurer la viabilité. Je suis enthousiaste par les opportunités qu'offre cette usine qui se trouve proche de nos marchés. Nous devons être en mesure de fournir nos clients dans le futur », a-t-il livré.
Évidemment, les mises en chantiers aux États-Unis devront continuer à progresser. Le président de Norbord a indiqué que les mises en chantier ont dépassé le 1,1 M en 2016 et seront de 1,25 M en 2017. Il pense que dans le futur les mises en chantier vont atteindre les moyennes des bonnes années avec 1,5 M de constructions neuves par année.
Peter Wijnbergen n'a pas voulu donner de date concrète pour un éventuel démarrage. Des évaluations de coûts et équipements à mettre en place vont prendre un an à déterminer. D'ailleurs, le bois promis par Québec le sera à compter du 1er avril 2018.
Opération forestière
Présent à la conférence de presse, le ministre des Forêts Luc Blanchette a indiqué que cette nouvelle était aussi bonne pour l'ensemble de l'industrie forestière régionale. « Ça va amener de l'efficience dans la récolte forestière dans les forêts mixtes afin de récolter les conifères et le feuillu », a-t-il mentionné. Un point de vue partagé par Produits forestiers Résolu et le Forestier en chef Louis Pelletier.
Le maire de Chambord Gérard Savard a poussé un soupir de soulagement, lui qui n'a jamais baissé les bras pour voir cette usine redémarrée. « Quand il y a eu l'échange de l'usine , ça m'a donné espoir et quand j'ai parlé à la direction de Norbord et sentit le ton employé et la sincère volonté, j'ai compris qu'il souhaitait vraiment remettre l'usine en marche », a-t-il témoigné.
L'usine qui aura besoin de près de 725 000 m3 de bois pour opérer au maximum de sa capacité va se tourner vers la mise aux enchères et les producteurs privés de la région pour le bois qui manque. Les négociations devraient débuter cet automne.
La direction et Unifor discutent
Louis Tremblay / L'entreprise Norbord a contacté la direction du syndicat québécois d'Unifor il y a quelques semaines afin d'entreprendre des discussions pour préparer la relance de l'usine de panneaux de Chambord où une convention collective est toujours en vigueur.
Selon le conseiller syndical au dossier, Stéphane McLean, la convention collective de travail en vigueur pour l'usine de Chambord arrivera à échéance en juin 2018, les droits de rappel pour les travailleurs prennent fin en novembre 2017.
«Ils sont entrés en contact avec Unifor et ils ont manifesté leur intérêt pour renégocier la convention collective. On voulait quant à nous régler la question des droits de rappel», a expliqué au Quotidien le conseiller syndical.
Depuis la fermeture de 2008, le syndicat a toujours renégocié des conventions de façon à conserver les liens d'emploi entre les travailleurs et le propriétaire de l'usine. La présence d'un syndicat ne semble pas causer de problème au nouveau propriétaire Norbord.
«Norbord entretient de bonnes relations avec Unifor. Les conventions collectives dans les usines de Norbord ne sont pas dérangeantes pour nous. Ce n'est pas la même chose avec Louisiana Pacific. On s'attend à être convoqué pour une première rencontre assez rapidement», a de son côté déclaré le président du Local 502 Q affilié à Unifor, Évans Simard.
En ce moment, toujours selon le président Simard, plus ou moins 30 noms sont sur la liste de rappel. Il y a aussi une liste de réservistes, mais Évans Simard n'est pas en mesure de dire combien de travailleurs toujours sur la liste principale reviendront à l'usine. Il est toutefois persuadé que l'entreprise souhaitera embaucher des travailleurs qui ont déjà une expertise de la production à Chambord.
L'entreprise devra entreprendre une autre ronde de négociations avec le Syndicat des producteurs de bois du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Hier, Québec a annoncé des garanties d'approvisionnement de 417 000 mètres cubes. Norbord compte opérer son usine avec une capacité de 750 000 mètres cubes.
Le syndicat des producteurs de bois est en mesure de fournir à Norbord plus ou moins 2 000 000 mètres cubes de bois par année. Ce volume de bois est essentiel dans la mise en place d'un système d'approvisionnement qui alimentera l'usine 12 mois par année. Norbord doit aussi, selon les informations obtenues par Le Quotidien, créer sa propre structure d'exploitation forestière de façon à mieux contrôler ses coûts de matière première.
«L'annonce d'un investissement de 70 M$ pour rénover l'usine fait toute la différence. Si on avait annoncé un investissement de 5 M$ pour l'opérer à court terme et profiter du marché, la situation serait différente, mais dans le contexte, c'est très intéressant», a déclaré au Quotidien le président du syndicat Pierre-Maurice Gagnon.
Ce dernier s'attend à entreprendre des négociations vers la fin de 2017 de façon à pouvoir conclure les ententes nécessaires pour débuter la récolte du feuillu dans les forêts privées de la région. Aujourd'hui, reprend le leader syndical, au moins 75 % de la récolte est réalisée par des entrepreneurs forestiers qui utilisent des abatteuses multifonctionnelles.
«Nous sommes en mesure de signer un contrat à long terme avec Norbord pour leur assurer un approvisionnement stable. Nos ententes pour le résineux, principalement avec Résolu, sont basées sur le principe du contrat ascenseur. Les prix offerts aux producteurs fluctuent en fonction des prix officiels sur le marché américain. Ces ententes fonctionnent très bien», reprend Pierre-Marucie Gagnon.
Les dirigeants de Norbord ont jugé opportun de souligner au syndicat qu'ils sont conscients que les producteurs de bois de la région ont déjà suspendu les livraisons de feuillu à l'usine de Chambord en raison d'une querelle sur le prix offert aux producteurs. Pierre-Maurice Gagnon affirme que ce genre de situation remonte à plusieurs années et que depuis, la direction syndicale ainsi que l'équipe de gestion ont changé et que l'objectif du syndicat est de reprendre les livraisons de feuillu qui ne rapporte rien aux producteurs en ce moment.