Le ministre Stéphane Billette, accompagné du député Serge Simard et de la vice-présidente aux opérations d’Aéro Montréal Mélanie Lussier, a annoncé une aide supplémentaire de 270 000 $ au Centre d’excellence des drones en présence du député Alexandre Cloutier et du maire Marc Asselin.

Québec annonce 270 000 $ pour le centre d'excellence des drones à Alma

Le gouvernement du Québec crée un quatrième créneau d’expertise ACCORD dans la région, le 34e au Québec. Après l’aluminium, l’agroboréal et le tourisme, le Centre d’excellence des drones d’Alma devient le pôle autour duquel toute l’industrie aérospatiale québécoise va se regrouper pour développer le secteur des aéronefs civils et commerciaux sans pilote.

« Désormais, le CED n’est plus seul. Il va parler au nom des 70 organismes oeuvrant dans ce domaine au Québec », se réjouit son directeur général, Marc Moffat. D’ailleurs, le CED est aussi reconnu par Aéro-Montréal, qui regroupe la grappe de l’industrie aérospatiale québécoise, comme l’interlocuteur en matière de drone.

En vertu du programme ACCORD — pour Action concertée de coopération régionale de développement —, le CED recevra une aide de 270 000 $ sur trois ans, a annoncé, vendredi matin à Alma, le ministre délégué aux PME, à l’Allègement réglementaire et au Développement économique régional, Stéphane Billette.

Au-delà de cette somme, affirme le ministre, on reconnaît le travail qui est fait à Alma depuis ces dernières années et on donne un signal à l’industrie pour qu’elle agisse en concertation derrière lui : « Il faut que le Saguenay-Lac-Saint-Jean devienne vraiment le centre d’expertise mondiale au niveau du drone, un marché qui est appelé à quintupler, passant de 2 milliards $ actuellement à 11 milliards $ au cours des dix prochaines années », a souhaité M. Billette.

L’argent, explique Marc Moffat, permettra l’embauche d’un directeur pour le créneau d’excellence chargé de mener à terme les 40 projets élaborés lors des consultations que le CED a faites auprès des membres de la communauté aéronautique québécoise qui comprend aussi le milieu universitaire. Il ajoute que le fait de parler maintenant au nom de 70 organismes le placera en meilleure position pour revendiquer une reconnaissance d’Ottawa.

« Nous sommes reconnus par Transport Canada, mais nous n’avons pas de statut au fédéral, ce qui nous complique la tâche quand nous voulons obtenir du financement, explique Marc Moffat. Nous devons y aller à la pièce, car nous n’entrons dans aucun programme. D’ailleurs, j’ai demandé une rencontre avec Navdeep Singh Bains, ministre de l’Innovation et du Développement technologique. »

Plan d’action

À partir de maintenant, le CED agira sur plusieurs fronts en y allant par grands thèmes. Le cadre règlementaire, par exemple, est un enjeu important et le CED compte y travailler avec Transports Canada. Il faut aussi définir les besoins en formation. Celle des pilotes, mais aussi sur l’utilisation des drones et le traitement des données. La recherche et développement est également au coeur de cette industrie naissante. Pas seulement pour les aéronefs eux-mêmes, mais les caméras, les capteurs, les systèmes de communication, de navigation, de sécurité et d’évitement des collisions.

Marc Moffat dit qu’il y a également du travail à faire pour sensibiliser la population et les entrepreneurs aux services que peuvent rendre les drones. « Prenez Rio Tinto par exemple, qui fait inspecter ses cheminées, ses barrages, ses lignes de transport électrique, ses berges... Il faut sensibiliser les clients potentiels. »

Alma compte aussi développer une certification pour les entreprises de drones. « Une compagnie comme Hydro-Québec exige des certifications auprès des entrepreneurs qui font affaire avec elle. On veut se pencher sur un processus d’audit pour certifier les entreprises de drones qui veulent soumissionner sur les contrats. »

Même si la grappe des drones couvre tout le Québec, Marc Moffat entend bien concentrer la plupart des activités avec ses nombreux partenaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean comme le CQFA du Cégep de Chicoutimi pour la formation.