Charles Cantin, à gauche, Julien Boulianne, Dominic Bouchard et Richard Morin (les deux bras dans les airs) étaient très fiers et émus à leur arrivée au sommet du Kilimandjaro.

Quatre Saguenéens au sommet du Kilimandjaro

«Nous avons déjoué les statistiques. Habituellement, une personne sur deux ou à peu près n'arrive pas au sommet. On aurait pu croire que ça aurait pu arriver à deux d'entre nous. Mais nous avons atteint le sommet du Kilimandjaro ensemble.»
Le criminaliste Charles Cantin, ses confrères Dominic Bouchard et Julien Boulianne, de même que leur ami Richard Morin, ont atteint le plus haut sommet d'Afrique, en Tanzanie, tous au même moment et avec le lever du soleil, mercredi matin. Ils se sont rendus à 5895 mètres d'altitude, leur permettant de dire mission accomplie pour leur objectif de monter «Au sommet pour la jeunesse 2017».
Ils ont en quelque sorte déjoué les pronostics. On dit que 20 000 personnes tentent l'ascension du Kilimandjaro chaque année et que 33 pour cent d'entre eux n'y parviennent pas.
L'expérience a été extraordinaire pour les quatre hommes. Après avoir passé une dizaine de minutes au sommet pour quelques photos inoubliables et pour mettre un souvenir impérissable dans leur mémoire, ils sont redescendus en cours de journée (mercredi) au camp Millenium, question de se reposer après une ascension émotive, éprouvante, mais très satisfaisante.
Au cours d'un entretien téléphonique en provenance du camp, Charles Cantin ne cache pas que la montée ne fut pas de tout repos. Il a raconté avec émotion cette expérience pendant que ses deux confrères profitaient du sommeil du juste.
«Ce ne fut pas facile, mais avec l'entraînement que nous avons suivi et avec l'équipement que nous avions, nous avons pu réussir. Nous avions confiance d'y arriver, même lorsque tu vois des gens redescendre couchés sur un brancard et que d'autres reviennent avec une bonbonne d'oxygène et en mauvaise condition. Nous avons réussi à y arriver sans trop de difficulté», indique Me Cantin.
«Nous sommes demeurés en haut durant une dizaine de minutes seulement. On a fait quelques photos et on est reparti. Il faut savoir qu'il fait froid, qu'il y avait de la fatigue accumulée et que nous devions redescendre», ajoute le criminaliste.
Si Charles Cantin semblait encore sur un nuage de bonheur, il précise que ses comparses ont vécu les mêmes sensations.
«Julien a trouvé la montée un peu plus difficile qu'il ne l'aurait cru. Notre athlète n'a par contre pas eu de difficultés à grimper. Quant à Dominic, tout a bien été. On sait qu'il est à nouveau papa depuis quelques semaines et que le sommeil n'a pas toujours été là dans le dernier mois. Malgré tout, il n'était pas question pour lui d'arrêter», d'ajouter M. Cantin.
200 mètres à faire
Sur le coup de minuit, les monteurs ont quitté le camp Burako, à environ 4600 mètres d'altitude. Les quatre Saguenéens se sont dirigés vers le camp Stella Point, situé à 5756 mètres d'altitude et à moins de 200 mètres de leur objectif ultime, à 5895 mètres d'altitude.
«Lorsque nous avons atteint Stella Point, on savait que nous avions réussi. Il ne nous restait que 200 mètres à faire. Mais pour y parvenir, il faut marcher et grimper sur une distance d'un kilomètre. Ça nous a semblé une éternité, même si cela a pris 45 minutes pour y arriver.»
Les quatre grimpeurs ont fini la montée en bonne santé. Personne n'a été malade, n'a eu de nausées et aucun n'a subi une perte de poids significative.
Les gars sont épuisés. Durant tout leur séjour, ils ont dû dormir dans des tentes et ils n'ont pas eu accès à de l'eau chaude et à une douche.
«Je peux te dire que ç'a été éprouvant. On se lavait à même une bassine, il y avait des trous dans les tentes et on dormait très mal. Et il fallait s'endurer entre gars.»
«Au final, cela a renforcé nos liens. Nous avons développé un esprit de fraternité, de confrérie et de camaraderie encore plus fort entre nous», de raconter Me Cantin.
Après un repos de quelques heures, le quatuor poursuivra sa descente vers un petit village situé à 1200 mètres d'altitude. Les hommes auront l'occasion de prendre un bon repas, une douche chaude et surtout de bien dormir.
«Nous devrions passer quatre ou cinq jours dans le coin et faire de petites excursions prévues à notre horaire. Ensuite, ce sera le retour vers le pays», a poursuivi Charles Cantin, visiblement ému par cette expérience unique.
En compagnie de leurs guides, le quatuor jonquiérois a pris un peu de repos en route vers le pic du Kilimandjaro, à 5895 mètres d'altitude.
Notes de voyage
L'ascension finale du Kilimandjaro ne se fait pas en plein jour, mais plutôt sous les étoiles, si la météo le permet. Mais ce n'est pas pour admirer le ciel que la marche se déroule en pleine nuit.
«Nous sommes partis du camp vers minuit. Deux raisons expliquent cette heure de départ. La première, cela nous permet d'arriver au sommet avec le lever du soleil. La deuxième est une question de logistique. Il y a cinq routes qui mènent au sommet et il y a une certaine gestion à faire pour que tout se déroule correctement», explique Charles Cantin, qui a tellement aimé son expérience qu'il songe très sérieusement à y retourner...
Afin d'éviter la déshydratation et de s'assurer d'avoir l'oxygène nécessaire, les grimpeurs doivent boire environ cinq litres d'eau par jour. Les grimpeurs n'avaient que 45 pour cent d'oxygène vers le sommet...
Durant tout le séjour en Tanzanie, le quatuor saguenéen n'a jamais manqué de motivation. «Nous n'avions qu'à penser à l'objectif de la fondation Au sommet pour la jeunesse et ça nous a propulsés», a-t-il admis. Car les Saguenéens l'ont fait pour cet organisme qui vient en aide aux adolescents régionaux. Ils ont réussi à amasser près de 15 000$ dans cette campagne de financement...
Charles Cantin avoue qu'ils ont reçu un très bon entraînement, qu'ils avaient l'équipement sportif et technique approprié. «On a réussi à bien gérer le froid. Nous savions de quelle façon nous habiller pour éviter les désagréments», dit-il...
Avant d'entreprendre l'ascension des derniers 1200 mètres, Charles Cantin, Julien Boulianne, Dominic Bouchard et Richard Morin ont passé plusieurs jours au camp de base afin de s'acclimater à ce qui les attendait. Chaque jour, ils ont effectué des randonnées de plusieurs kilomètres et ont grimpé des parties de montagnes. Tout ça en regardant le Kilimandjaro au loin. «Je peux dire que le Kilimandjaro en impose. C'est impressionnant de regarder vers le sommet et de se dire qu'on va y aller. Et nous avons encore plus remarqué son immensité sur le chemin du retour. Nous nous tournions pour regarder l'imposante montagne», dit-il...
Charles Cantin a pu passer, par la force des choses, beaucoup de temps avec une petite partie du peuple tanzanien. Il n'en retient que du positif. «C'est un peuple qui a le sens du partage, qui est généreux et qui respecte beaucoup son patrimoine. Nous avons des choses à apprendre de la vie», dit-il...