Saguenay a retenu trois projets à la suite de la consultation publique sur l’avenir de la zone ferroviaire de Chicoutimi, dont celui de l’architecte Luc Fortin.

Quartier du Havre: Luc Fortin défend son projet

L’architecte chicoutimien Luc Fortin estime que son projet de quartier résidentiel du Havre, présenté dans le cadre des consultations publiques sur la zone ferroviaire de Chicoutimi, s’inscrit dans la volonté de Saguenay de contrer l’étalement urbain, un phénomène qui commence à peser lourd sur les finances municipales.

D’entrée de jeu, le projet résidentiel nécessiterait des investissements municipaux de l’ordre de 19,4 M $ sur trois ans pour les infrastructures d’accueil du quartier. L’architecte estime que sur une période de 15 ans, les promoteurs privés devront investir 47,1 M $ dans différents immeubles pour le commerce et l’habitation.

Lors du dévoilement des trois projets retenus par le comité consultatif, il a trop peu été question du projet de l’architecte, estime ce dernier. L’idée de base du complexe résidentiel est d’offrir des habitations concentrées sur une petite zone. Ce type de projet permet de réduire les coûts relatifs à la prolongation des réseaux d’égout, d’aqueduc et de rue.

« Notre région connaît un déclin démographique depuis plusieurs décennies. La population de l’agglomération de Saguenay le subit. Nous avons confiance que ce déclin ne durera pas éternellement et qu’un essor économique favorisera un regain démographique. Il n’y a pas que le déclin démographique à redouter, il y a l’étalement urbain qui occasionne collectivement une dépense incroyable de ressources de toutes natures. La Ville de Saguenay commence à réagir et promet de réduire l’étalement urbain dans l’avenir », écrit le professionnel, en guise d’introduction du document déposé à la consultation.

Diminution de l’automobile

Dans ce document de présentation, l’architecte met en évidence les contradictions de la société moderne et l’affrontement des valeurs. D’un côté, il faut travailler à une diminution de l’utilisation de l’automobile comme mode de transport et en même temps, il est difficile de croire que Saguenay pourra compter un jour sur un réseau de transport aussi bien organisé que Montréal ou sur un système de tramway moderne comme Québec songe à le faire, note M. Fortin.

Malgré cette dynamique, l’architecte considère qu’il est possible de mettre en place un quartier qui permettra de contribuer à une diminution de l’automobile, tout en créant un milieu de vie intéressant. Il note, au passage, que le site actuel, constitué d’un océan de gravier et d’asphalte, est loin de contribuer au développement du centre-ville, malgré l’important potentiel de développement que cette zone offre à la ville.

« Le quartier du Havre, tel qu’imaginé par mon équipe, vise, entre autres, cet objectif. Il vise, de plus, la consolidation du tissu urbain et la revitalisation du centre-ville grâce à l’implantation d’environ 140 unités d’habitation. Il serait alors possible d’accueillir près de 200 nouveaux résidants qui y feraient vivre leurs familles, stimuleraient l’économie, travailleraient au centre-ville, entraînant l’ouverture de commerces de proximité, d’épiceries et bien plus », écrit l’architecte.

Pas de promoteur

L’auteur du projet réplique à ceux qui considèrent qu’aucun promoteur privé n’a encore levé la main pour se lancer dans des projets d’habitation ou de nature commerciale sur le site du futur quartier du Havre. Il juge que l’absence de promoteur ne représente pas un enjeu pour le choix du projet.

« Qu’aucun investisseur ne soit encore dans la partie est une excellente chose. Le projet peut être envisagé sans parti-pris, mais plutôt avec idéalisme et vision, pour le bien commun de tous les citoyens. Il se veut un incitatif à attirer le domaine privé au centre-ville, vers un projet porteur de grandes ambitions pour Saguenay. »

Luc Fortin enchaîne en soulignant que « de manière générale, le quartier du Havre présente 14 édifices résidentiels abritant 140 logements avec des commerces au rez-de-chaussée, des parcs, une garderie, le remplacement de l’autogare actuelle par une toute nouvelle de 400 places, de même qu’une autogare supplémentaire de 300 places sur la rue Lafontaine, pour desservir le bas de la rue Racine ». Il s’agit d’une première mention de l’ajout d’une autogare sur un autre site que celui de la zone ferroviaire.