Le président de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, Denis Leclerc, croit que la profession est encore méconnue.
Le président de l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec, Denis Leclerc, croit que la profession est encore méconnue.

Psychoéducation: une profession méconnue

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Quand vous entendez parler de psychoéducation, vous pensez au milieu scolaire ? Si oui, vous n’êtes pas les seuls. Mais saviez-vous qu’on retrouve des psychoéducateurs dans une multitude d’autres secteurs, de la petite enfance aux personnes âgées, en passant par les CIUSSS et les CISSS, les centres jeunesse, les services de santé mentale et même les milieux carcéraux. C’est pour mieux faire connaître la profession que l’Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec (OPPQ) tiendra, mercredi et jeudi, les Journées de la psychoéducation sous le thème « Des changements chez vos proches ? ».

Le président de l’Ordre, Denis Leclerc, croit que la profession est encore méconnue, et ce, même si elle est reconnue comme ordre professionnel depuis 20 ans. Oui, le tiers des quelque 5000 membres évolue en milieu scolaire, mais la moitié œuvre dans le secteur de la santé et des services sociaux en général. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, 127 psychoéducateurs font partie de l’ordre.

Qu’est-ce qu’un psychoéducateur ? « Nous sommes reconnus comme étant des intervenants qui travaillent avec les personnes en difficulté d’adaptation. Nous ne sommes pas les seuls à le faire, mais nous travaillons avec une approche qui va permettre d’analyser et de regarder la situation, mais beaucoup l’environnement, l’interaction de la personne avec son entourage », explique M. Leclerc.

Et pourquoi y a-t-il autant de confusion autour de la profession ? « C’est peut-être un peu parce que notre nom est associé à l’éducation. Au sens large, ce n’est pas faux, mais ce n’est pas l’éducation sous l’angle de l’école, mais plutôt sous l’angle de l’approche. C’est proche de la psychologie, du travail social, mais notre approche est basée sur la personne et son environnement, et l’interaction entre les deux. C’est un peu plus ça, notre marque de commerce », précise M. Leclerc.

Les changements

C’est donc sous le thème des changements que se dérouleront les Journées de la psychoéducation, les 19 et 20 février, que ce soit chez les enfants versus l’école, les adolescents dans leurs relations, les adultes, les personnes âgées, etc.

« Le message, c’est d’être à l’écoute, d’observer les changements chez nos proches dans la vie de tous les jours. Il y a des situations qui méritent qu’on les regarde et de consulter un psychoéducateur. Ça évite d’aller trop rapidement aux conclusions, explique M. Leclerc, qui conseille notamment d’éviter les diagnostics à partir d’Internet. Nous pouvons aussi conseiller l’entourage dans l’adaptation, comme un enseignant ou la famille, et travailler avec la personne et son environnement. »

Il n’y aura pas d’activités particulières lors des deux journées, mais plutôt une présence plus marquée dans les médias et sur les réseaux sociaux, via la diffusion de capsules vidéo, notamment.

En constante évolution

Même si le travail en tant que tel reste le même, les psychoéducateurs doivent s’adapter aux situations en tenant compte de leur évolution. Par exemple, ils ont dû travailler à la prévention de l’intimidation bien avant les réseaux sociaux, mais ils ont ensuite dû s’adapter à la cyberintimidation.

« Nous devons nous ajuster à l’évolution de l’environnement, c’est inévitable, et ce, comme n’importe quel intervenant qui doit regarder ce qui se passe aux alentours. »

L’écoanxiété liée à l’environnement, l’hyperactivité, avec ou sans médication, le trouble du spectre de l’autisme et l’identité sexuelle font aussi partie des réalités – nouvelles ou en constante évolution – avec lesquelles doivent composer les psychoéducateurs. « Dans tout ça, il y a une évolution », conclut M. Leclerc.