Thérèse Gagnon déplore que le marais ne soit pas entretenu et protégé comme il se doit.

Protéger le petit marais du Pré-Joli

Une citoyenne de Laterrière, Thérèse Gagnon, s’inquiète de l’avenir du marais du Pré-Joli, situé derrière la rue de la Moisson. Le déversement des eaux pluviales de la municipalité y a causé de l’érosion. Du sable et de la terre se sont accumulés vers le marais, qui est un refuge pour bien des espèces d’oiseaux, des petits animaux et des grenouilles. Au fait de la situation, le conseiller municipal du secteur, Michel Potvin, promet de retourner visiter les lieux, mais l’élu estime qu’il ne s’agit pas d’un dossier prioritaire.

La citoyenne Thérèse Gagnon, qui demeure à proximité du marais, milite pour la sauvegarde de ce milieu humide depuis bien des années. Elle s’y promène, observe les oiseaux, mais constate aussi que l’érosion fait son chemin jusqu’au plan d’eau, en raison du rejet des eaux pluviales dans le secteur. L’eau pluviale du quartier y est déversée depuis la construction des nouvelles maisons, situées derrière le milieu humide. 

« L’eau pluviale, ce n’est pas vraiment le problème. C’est plutôt la manière dont a été fait le puits d’enrochement. Ce printemps, on voyait très bien que la terre et le sable se vidaient vers le marais », a expliqué Mme Gagnon.

Le Quotidien s’est rendu sur place, vendredi matin, afin de constater la situation. En effet, une crevasse s’est créée à proximité du marais en raison du déversement des eaux pluviales. Les sentiers qui entourent l’étendue d’eau sont également laissés à l’abandon, si bien qu’il est difficile de trouver l’entrée qui mène au secteur.

« Heureusement qu’il y a eu le projet avec les élèves de l’école des Jolis-Prés, ce qui a permis de redonner vie au secteur. Les élèves font de l’interprétation des oiseaux, de la flore et de la faune. Mais ces terrains appartiennent à la municipalité, et ce n’est pas tellement entretenu. C’est triste à voir, car les milieux humides, nous devons les protéger », a expliqué Thérèse Gagnon, qui demeure dans le quartier depuis 25 ans. Elle a évidemment vu se construire les rues aux alentours et a toujours travaillé pour la protection du marais.

Du gravier a été ajouté pour éviter que la terre et le sable descendent vers le marais.

« L’ancien conseiller Luc Blackburn m’avait promis qu’un aménagement avec des arbres allait être fait à l’entrée du sentier, mais il y a encore seulement une pancarte », a déploré la citoyenne.

Sur la pancarte, on peut y lire que le marais a longtemps été négligé et oublié par la population, mais que l’écosystème « riche et unique mérite d’être protégé et mis en valeur ».

Le petit pavillon, installé il y a quelques années à peine, semble être à bout d’âge.

« Avec l’école, la Ville et Hydro-Québec, il y a eu beaucoup de travail de fait il y a quelques années, mais depuis, il ne s’est pas fait grand-chose pour le préserver », a ajouté Thérèse Gagnon, qui demande aux autorités municipales de réagir.

Contacté par Le Quotidien, le conseiller municipal du secteur, Michel Potvin, affirme être au courant de la situation.

Le marais abrite plusieurs espèces d’oiseaux.

« C’est vrai que le puits d’enrochement a été mis à un endroit bizarre. Les eaux pluviales auraient pu être envoyées plus loin. Je sais que du gravier a été ajouté pour éviter l’érosion, mais peut-être qu’avec les grands coups d’eau, il y a eu des problèmes. Nous pouvons aller revoir sur place, mais ce n’est pas un dossier prioritaire à la municipalité. Il n’y a quand même personne en danger de mort », a affirmé Michel Potvin.

Le petit marais s’est créé lors de la fonte d’un glacier. Appelée kettle, la cavité en forme de chaudron est remplie d’eau provenant de la nappe phréatique. À son plus profond, le marais compte 36 pieds d’eau. Lorsqu’on s’y promène, il est possible d’y voir plusieurs espèces d’oiseaux, comme des canards. Dès qu’on s’y approche, il est possible d’entendre bien fort le chant des oiseaux et des grenouilles.

Une crevasse est bien visible non loin du marais.