Ils étaient environ 150 à manifester mardi matin devant le bureau régional du MTQ pour exiger le désenclavement de la Côte-Nord.
Ils étaient environ 150 à manifester mardi matin devant le bureau régional du MTQ pour exiger le désenclavement de la Côte-Nord.

Projet de pont sur le Saguenay: presque une fin de non-recevoir

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
BAIE-COMEAU – Ils étaient environ 150 mardi matin, à l’invitation de la Coalition Union 138, à manifester à Baie-Comeau afin d’exiger du gouvernement qu’il ordonne la reprise des travaux du bureau de projet de pont sur le Saguenay et donne un échéancier précis pour le prolongement de la route 138 à l’est du territoire. La réponse qu’ils ont reçue frôle la fin de non-recevoir.

La coalition exigeait une rencontre dans les plus brefs délais avec le ministre des Transports François Bonnardel. Mais «le cabinet nous a répondu de faire une demande écrite si on veut avoir une rencontre. C’est complètement ridicule», a clamé le porte-parole de la Coalition Union 138, Guillaume Tremblay, également président du conseil central Côte-Nord de la CSN.

«Nous autres, on est rendus ailleurs, on n’en est plus aux demandes écrites, on est rendus à avoir des réponses. On n’a aucune considération de ces gens-là. Il va y avoir d’autres actions, vous pouvez en être sûrs», a-t-il enchaîné au terme de la manifestation, qui a fait en sorte «d’enclaver» le bureau régional du ministère des Transports sur la Côte-Nord.

Le représentant syndical Bernard Gauthier se dit prêt à «passer à l’acte» pour assurer le désenclavement de la région.

D’autres actions à venir

La coalition, qui dit craindre à court terme que l’argent prévu pour l’étude de faisabilité du pont sur le Saguenay soit retiré du Plan québécois des infrastructures, promet d’autres actions d’éclat. Quant au «silence» dans ce dossier de Jonatan Julien, ministre responsable de la Côte-Nord, il «pose de nombreuses questions sur sa volonté et sa capacité de bien nous représenter», d’ajouter l’organisme.

«À un moment donné, on va passer à l’acte», a lancé le représentant de la FTQ, Bernard Gauthier, aussi sur place à Baie-Comeau. «S’il faut sortir dans la rue aux deux semaines pour nous sortir de la misère, on va le faire», a enchaîné celui connu dans l’imaginaire populaire sous le surnom de Rambo, ajoutant que la région «est habituée de répéter et de répéter».

Croisée durant la manifestation, la mairesse de Forestville Micheline Anctil trouvait «un peu aberrant de devoir être dans la rue (mardi) matin pour exiger une rencontre pour avoir un suivi de promesses. Ça n’avance pas et il faut que ça avance.»

Maire de Baie-Comeau, Yves Montigny estime que le gouvernement doit voir la Côte-Nord d’un œil économique, surtout que le premier ministre François Legault a déjà laissé entendre que la région n’était pas assez populeuse pour avoir un pont. «Ce que je comprends de ça, c’est plutôt qu’il n’y a pas assez d’électeurs», a-t-il lâché.

Le préfet de la MRC de Minganie, Luc Noël, qui parle «d’ultime appel au gouvernement», a plutôt mis en lumière le fait que la Côte-Nord se dépeuple rapidement et «si le gouvernement ne nous aide pas à nous désenclaver et couper le goulot d’étranglement (à Tadoussac), on va peut-être se retrouver en dessous de 80 000 personnes en 2030». Selon l’Institut de la statistique du Québec, il y avait 91 213 personnes sur la Côte-Nord en 2018.