Projet de desserte de gaz naturel: une étude bientôt publiée

D’ici quelques semaines, Énergir publiera le résultat d’une étude de 2,2 millions de dollars commandée par le gouvernement du Québec pour développer un réseau d’approvisionnement de gaz naturel qui ferait le tour du lac Saint-Jean, évalué à 150 M$.

Actuellement, un réseau de distribution de gaz naturel existe déjà de Chicoutimi jusqu’à Saint-Félicien, mais toutes les communautés au nord de la rivière Saguenay et au nord-est du Lac-Saint-Jean, ne sont pas desservies, a mentionné Catherine Houde, porte-parole chez Énergir (anciennement Gaz Métro).

Il existe pourtant d’énormes besoins, notamment à Dolbeau-Mistassini, pour fournir les industries comme Produits forestiers Résolu, ou encore l’hôpital et plusieurs écoles, qui utilisent du mazout, fait remarquer le maire Pascal Cloutier.

Au cours des dernières semaines, plusieurs rumeurs ont circulé sur le projet de desserte en gaz naturel autour du lac Saint-Jean. Pour avoir l’heure juste, Dolbeau-Mistassini a donc organisé une conférence téléphonique avec des porte-paroles d’Énergir, a mentionné Isabelle Simard, directrice du développement économique de la municipalité.

Il y a quelques jours, André Paradis, le préfet de la MRC de Lac-Saint-Jean Est, lançait notamment l’idée de faire passer le projet Gazoduq au nord du Lac-Saint-Jean pour desservir les communautés qui n’ont pas accès à cette source d’énergie.

Il faut toutefois faire une distinction entre un réseau de transmission de gaz naturel et un réseau de distribution, car le diamètre des gazoducs et la pression utilisée pour transporter le carburant sont complètement différents, souligne Catherine Houde. « Dans notre réseau de transmission, qui est la colonne vertébrale du réseau, nous utilisons des tuyaux de 10 à 20 pouces de diamètre en faisant circuler le gaz naturel à des pressions de 7000 kPa, dit-elle. Par la suite, on doit baisser la pression à 400 kPa pour transporter le gaz dans des conduites de plus petit diamètre.»

À Saint-Félicien, c’est justement le faible diamètre de la conduite installée pour desservir l’usine de pâtes et papiers de Produits forestiers Résolu (PFR) qui restreint le potentiel de livraison de gaz naturel aux Serres Toundra, qui souhaitent augmenter leur consommation. Cette conduite, payée en bonne partie par PFR, n’était pas prévue pour une augmentation du débit.

Comme le projet Gazoduq devrait utiliser une énorme conduite de transmission de 45 pouces de diamètre, il faudrait tout de même construire un réseau de transmission pour approvisionner les clients. Et Énergir est le distributeur exclusif de gaz naturel dans toute la province, sauf pour une partie de l’Outaouais.

Le projet Tour du lac

L’étude sur le projet de desserte de gaz naturel faisant le tour du lac Saint-Jean a récemment été déposée au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN). Quelques détails doivent encore être réglés avant de publier l’étude, qui dévoilera prochainement les coûts de construction et le potentiel de développement du gaz naturel dans les secteurs non desservis.

Le projet, qui devrait se chiffrer à plus de 150 millions de dollars, vise à construire un réseau de distribution partant de Jonquière vers Chicoutimi-Nord, Saint-Honoré, Saint-Ambroise, puis vers Péribonka, Dolbeau-Mistassini, Normandin, avant de relier Saint-Félicien.

Cette étude permettra alors de savoir quelle serait la part des investissements à injecter par le gouvernement du Québec pour que le projet soit considéré comme étant rentable par Énergir et ses clients, soutient Catherine Houde. Fait à noter, les coûts de l’énergie sont fixés par la Régie de l’énergie pour éviter de trop grandes fluctuations. De plus, Énergir fait des profits exclusivement avec la distribution de l’énergie et son taux de rendement est plafonné à 8,9 %.

Pour construire ce réseau, il faut compter près de deux ans de préparation pour remplir toutes les demandes de construction et obtenir les permis, ainsi que deux années pour la construction, a pour sa part mentionné Claude Duplain, conseiller senior aux affaires gouvernementales et municipales chez Énergir.

Ce réseau permettra non seulement d’approvisionner la région en gaz naturel, mais aussi de livrer du gaz naturel renouvelable (GNR) produit avec des résidus forestiers lorsque la technologie sera mature, dans quelques années, remarque Catherine Houde. « La production de GNR peut devenir un pilier de développement, au cours des prochaines années, dit-elle. La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est très riche en résidus forestiers, ce qui représente un potentiel énorme de production de GNR, qui pourra être injecté dans le réseau. Et on s’engage à acheter tout ce qu’ils [les producteurs de GNR] veulent bien nous vendre. »

Lundi, une délégation de la région, formée notamment de Pascal Cloutier et de Luc Simard, préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, doit rencontrer le sous-ministre du MERN afin d’en savoir plus à ce sujet.