Manon Belleau est passionnée par son travail et impressionnée par la rapidité d’apprentissage de ses élèves mexicains.
Manon Belleau est passionnée par son travail et impressionnée par la rapidité d’apprentissage de ses élèves mexicains.

Proco: place à la francisation pour les travailleurs mexicains

L’intégration des soudeurs mexicains chez Proco, à Saint-Nazaire, au Lac-Saint-Jean, se déroule comme un charme. Les cinq travailleurs immigrants tiennent visiblement à demeurer dans la région de façon permanente. Trois fois par semaine, ils suivent des cours de francisation à l’intérieur des murs de l’usine spécialisée en construction métallique. Pour accéder, un jour, à la résidence permanente, ils doivent maîtriser un français intermédiaire. Un niveau élevé!

« Ils sont présentement entre le niveau et 1 et 2. Mais ils apprennent très vite, plus vite que bien d’autres que j’ai vus. Ils doivent se rendre à l’étape 7. En effet, c’est assez élevé comme niveau », raconte leur enseignante, Manon Belleau.

Les Mexicains peuvent déjà communiquer de façon efficace avec les gens et leurs confrères de travail. Ils ont compris les questions de la journaliste et ont pu répondre dans un français compréhensible.

« C’est difficile, mais ça va bien », lance un des élèves de Mme Belleau, qui n’a pas eu de mal à comprendre la question et qui apprenait les parties du corps de l’être humain.

Malgré le froid, l’éloignement de leur famille – deux sont d’ailleurs devenus pères à distance –, les cinq Mexicains semblent grandement apprécier le milieu jeannois. Ils font des activités en dehors de leur travail. Un des soudeurs a d’ailleurs essayé le motocross au cours des derniers jours, avec de nouveaux amis.

Trois fois par semaine, les cinq travailleurs mexicains suivent des cours de francisation après leur quart de travail chez Proco. Leur enseignante, Manon Belleau, est passionnée par son travail et impressionnée par leur rapidité d’apprentissage.

« Leur force, c’est leur motivation. Je n’ai jamais eu des élèves aussi motivés et pour un enseignant, il n’y a rien de mieux. Et ils m’apprennent des choses également », raconte l’enseignante, qui donne également des cours à d’autres travailleurs immigrants dans la région.

« Mais ce qui fait la différence, c’est à quel point ils sont épaulés dans le milieu, au travail. Ils sont tellement soutenus et ils sont en contact constants avec des francophones », ajoute-t-elle.

En effet, la communauté s’est mobilisée à l’arrivée de ces travailleurs mexicains. Le Lac-Saint-Jean, qui vivait une forte pénurie de main-d’oeuvre, en plus d’une démographie vieillissante, espère toujours attirer davantage d’immigrants, qui, en majorité, choisissent la métropole au détriment des régions.

«Intégration réussie»

« Nous avions une pénurie de main-d’oeuvre et nous voulions stabiliser nos équipes, être en mesure de continuer de soumissionner. Pour l’instant, ça se passe super bien. L’expérience est très concluante. On a des gens dans nos équipes, dont Michael, qui est toujours là pour eux. C’est devenu des amis. Je pense qu’on se dirige vers une intégration réussie », image Jessica Tremblay, adjointe à la direction des ressources humaines.

Les conjointes de certains Mexicains devraient venir les rejoindre lorsqu’ils auront leur résidence permanente. Pour l’instant, c’est eux qui iront les visiter dans les prochaines semaines, dès que les règles sanitaires le permettront. Sans surprise, la pandémie a empêché les hommes de voir leur famille pendant des mois. Un d’entre eux devait vivre son congé parental au Mexique, mais la fermeture des frontières a compliqué les choses.

« Pour le froid, ce n’est rien. C’est notre famille qui nous manque », répond un des élèves, questionné sur le climat québécois.