Proches aidants dans les CHSLD: les syndicats consternés

La décision de la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, de suspendre l’obligation d’un test de dépistage du COVID-19 pour les proches aidants qui vont entrer dans les CHSLD déroute le Syndicat des préposés aux bénéficiaires et la FIQ du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui comprennent difficilement ce revirement de situation.

«On a fait des pieds et des mains pour s’assurer que le personnel allait demeurer dans le même CHSLD afin de protéger les résidents. Aujourd’hui, on annonce que nous allons ouvrir les portes sans faire de test de dépistage», insiste Gaston Langevin, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS).

Il affirme comprendre que des enfants ou des conjoints souhaitent voir un résident en CHSLD. D’un autre côté, il soulève toute la question de la sécurité des CHSLD et estime qu’une personne de plus qui entre dans ces établissements sans au moins faire un test de dépistage est une occasion de plus pour le virus de s’engouffrer dans une résidence et de faire des ravages comme ce fut le cas dans d’autres établissements.

«Je veux bien comprendre qu’au début, nous n’étions pas préparés à une éclosion dans un CHSLD. Même si aujourd’hui nous sommes mieux préparés pour gérer les éclosions, la décision du gouvernement est difficile à suivre. On se questionne», ajoute M. Langevin.

La présidente de la FIQ régionale, Julie Bouchard, en est rendu à croire que la gestion des CHSLD par le gouvernement est du «n’importe quoi». Elle attend avec impatience le nouveau décret gouvernement qui ouvre grandes les portes des CHSLD à presque tout le monde qui se dira proche aidant. Il sera très difficile pour le personnel des établissements d’assurer la sécurité des résidents en matière de transmission des infections.

«Qui va surveiller toutes ces personnes qui vont avoir le droit d’entrer dans les résidences. Les infirmières ont déjà une surcharge de travail en ce moment et on va en ajouter puisqu’elles devront former les proches aidants pour le port des équipements et tout ce qui concerne l’hygiène dans les CHSLD», plaide la présidente de la FIQ régionale qui est persuadée que ses membres en CHSLD sont en profond désaccord avec le gouvernement sur l’ouverture des portes aux proches aidants dans les établissements de la région ou touts les services sont maintenus.

En théorie, les proches aidants devraient avoir la possibilité d’entrer dans les CHSLD à partir de lundi matin. Le gouvernement du Québec a décidé d’abandonner l’idée d’imposer des tests de dépistage pour tous les proches aidants qui logeront une demande d’accès.

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a précisé au cours de la journée de vendredi que la notion de proche aidant s’applique pour une personne qui participe aux soins physiques d’un résident ou qui assume une présence morale auprès de son proche. Le personnel des établissements et les gestionnaires auront devront identifier les proches aidants selon certains critères.

Les refus des personnes qui souhaitent entrer des les CHSLD devront êtres transmis au ministère de la Santé et des Services sociaux. Les directions locales devront motiver ces refus. Il est de plus en plus clair que le gouvernement du Québec tente de forcer la main des CIUSSS pour les obliger à élargir l’accès aux CHSLD. Dans la région, 15 des 16 CHSLD sont toujours sains depuis le début de la pandémie.