Les responsables de l’Association des sauvaginiers du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont consulté les chasseurs, mercredi soir, à Jonquière, pour déterminer les restrictions qu’ils souhaitent pour les prochaines saisons de chasse à la bernache. Sur la photo, nous retrouvons, de gauche à droite, Pierre-Luc Larouche, Yohan Fortin-Villeneuve, Richard Poitras, président, Jimmy Turcotte et Michel Bouchard, directeur général.

Prochaines saisons de chasse: des restrictions pour la bernache

Les chasseurs de bernaches devront composer avec des restrictions pour les quatre ou cinq prochaines saisons de chasse.

« Nous avons connu deux printemps tardifs en 2017 et en 2018 dans le nord du Québec, ce qui a eu pour conséquence de faire diminuer le nombre de naissances des bernaches migratrices. En 2018, la production de juvéniles a été presque nulle au Nunavik. Comme les bernaches ont besoin de deux à trois ans de croissance avant de se reproduire, on peut donc s’attendre à une baisse des populations pour les saisons 2020 et 2021 », a expliqué Michel Bouchard, directeur général de l’Association des sauvaginiers du Saguenay–Lac-Saint-Jean, mercredi soir, lors d’une rencontre de consultation auprès des chasseurs.

Devant l’état de la situation, l’organisme, qui défend les intérêts des chasseurs d’oiseaux migrateurs, consulte ses membres afin d’évaluer les différents scénarios de restriction qu’il défendra devant les gestionnaires du service canadien de la faune lors des rencontres automnales.

« Du 1er au 25 septembre, nous avons droit de récolter dix bernaches par jour. Durant cette période, nous chassons les bernaches résidentes, une espèce qui n’a pas de problème de reproduction. Après le 25 septembre, les bernaches migratrices du Grand Nord commencent à arriver dans nos régions. C’est à partir de cette date que les chasseurs devront se modérer pour diminuer de 30 % à 50 % leur récolte », a fait valoir Michel Bouchard, qui préfère des mesures de restriction au lieu d’une fermeture de la chasse comme en 1995.

Solutions à venir

L’Association des sauvaginiers a demandé à ses membres et aux chasseurs le type de restrictions leur convenant. « Après le 25 septembre, le quota est actuellement de cinq bernaches par jour. Est-ce que vous préférez diminuer les quotas de cinq à trois bernaches par jour, de cinq à deux ou conserver les mêmes quotas, mais fermer la chasse pendant deux semaines ? C’est à vous de nous le dire », a lancé le chasseur d’expérience, devant la trentaine de chasseurs réunis pour l’occasion au Delta de Jonquière.

Ces restrictions à la chasse seront discutées lors de la réunion de la Table de concertation pour la gestion des oiseaux migrateurs, en octobre. L’Association des sauvaginiers du SLSJ y représentera les chasseurs de la région.

D’autres rencontres d’information se tiendront à l’hôtel Universel d’Alma le 2 septembre, au Château Roberval le 3 septembre et au motel Chute des Pères à Mistassini, pour consulter le plus grand nombre de chasseurs d’oiseaux migrateurs. Ces rencontres s’adressent à tous les chasseurs, qu’ils soient membres ou non de l’association.

« Au Québec, il n’y aura aucun changement pour la saison de chasse 2019. Il est permis aux chasseurs de se faire plaisir à l’oie blanche et de ménager les bernaches en octobre, après la présaison se terminant le 25 septembre. Les bernaches que nous laisserons passer ne se feront pas récolter par les Américains, qui ont adopté des mesures restrictives dès 2019, et pourront aider à la remontée du cheptel pour les prochaines années. Du 1er au 25 septembre, faites-vous plaisir alors que le quota journalier est de 10 oiseaux. Les bernaches que nous chassons pendant cette période ne sont pas les reproducteurs de la péninsule de l’Ungava », a écrit Michel Bouchard, dans le bulletin de liaison des sauvaginiers, en août dernier.