Prochain chef du Parti conservateur: Martel n’a pas fait son choix

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Le député de Chicoutimi–Le Fjord, Richard Martel, a reçu des appels des candidats à la chefferie du Parti conservateur du Canada Peter MacKay et Erin O’Toole, qui cherchaient à solliciter un appui de sa part. Le député ignore encore derrière quel candidat il se rangera. « Mon choix n’est pas fait », a affirmé Richard Martel, ajoutant que la maîtrise de la langue française est importante, mais qu’un candidat peut être « connecté » avec les électeurs sans parler à la perfection la langue de Molière.

Le député conservateur était l’invité du Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin. Il a abordé différents sujets, notamment le blocus ferroviaire, la réalisation du projet de GNL Québec, les enjeux régionaux et la course à la chefferie de son parti. Questionné à savoir comment il entrevoyait la course, notamment du point de vue des Québécois, Richard Martel a affirmé qu’il se faisait beaucoup interpeller à ce propos par ses électeurs. 

« On me demande surtout qui j’appuie. Mon choix n’est pas fait et il faut laisser la chance aux coureurs », a affirmé le politicien, soulignant toutefois que son choix devrait se porter sur l’un des candidats vedettes, Peter MacKay ou Erin O’Toole. 

Croit-il que les questions épineuses, comme le droit à l’avortement, par exemple, reviendront sur le tapis lors de la course à la chefferie ? Richard Martel a quelque peu évité la question, déclarant que « les sujets sensibles sont toujours délicats ». 

Questionné également à savoir s’il se définissait lui-même comme un conservateur pur et dur ou comme un conservateur progressiste, Richard Martel n’a pas donné de réponse claire. 

« Pour les questions économiques, je suis plus dur. Mais pour les questions sociales, c’est plus délicat. On pourrait en parler longtemps. Les gens peuvent avoir leur point de vue. Tout est dans la façon d’en parler », a affirmé M. Martel.


Une loi pour protéger les chemins de fer

Le député conservateur Richard Martel croit que l’instauration d’une loi protégeant les chemins de fer pourrait prévenir une crise de blocus ferroviaires comme le pays a connu au cours des dernières semaines. Il estime également que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a énormément manqué de leadership dans ce dossier. 

« Les chemins de fer, c’est la colonne vertébrale de l’économie canadienne. Peut-être qu’une loi permettrait de prévenir ce genre de chose. Une loi empêchant de toucher aux chemins de fer, aux barrages hydroélectriques et aux aéroports », a affirmé le conservateur, ajoutant que Justin Trudeau s’est mêlé de la crise alors qu’il était déjà trop tard. 

« Quand tu pars en retard dans une négociation, ça va mal. Disons que le parcours est assez difficile pour M. Trudeau. Il veut tout faire en même temps et il a de la misère à prendre des décisions », a souligné Richard Martel. 

Grands projets industriels

Le député Richard Martel a réitéré l’appui des conservateurs envers les grands projets industriels, comme le projet de GNL Québec, qui rencontre une importante opposition. 

« Je ne peux pas croire que l’être humain n’est pas capable de concilier les deux – l’environnement et l’économie. Si on ne le prend pas (le projet de GNL Québec), ça va aller ailleurs. Il faut concentrer nos efforts, il faut des “jobs” », a lancé Richard Martel, soulignant qu’on doit aussi attendre les conclusions du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) avant de chercher des projets alternatifs à celui du gazoduc. 

« Pourquoi partir plein de petits projets ? On en a un projet. On va gérer celui-ci et on verra ensuite avec le BAPE », a ajouté le député de Chicoutimi–Le Fjord.