Karine Trudel, Lyne Bourdages, Mario Simard, Vincent Garneau et Philippe Gagnon ont croisé le fer devant la presse régionale et les étudiants d’Art et technologie des médias du Cégep de Jonquière.

Prises de bec dans Jonquière

À défaut d’en apprendre davantage sur le programme des candidats à l’élection fédérale dans Jonquière, le débat organisé par le Cercle de presse du Saguenay, en collaboration avec les étudiants d’Art et technologie des médias, a révélé leur degré de combativité.

Très encadré et formaté, l’exercice a permis de bonnes prises de bec entre les candidats du Bloc québécois (BQ), du Parti conservateur du Canada (PCC) et du Parti libéral du Canada (PLC), alors que de son côté, la représentante du Parti vert du Canada (PVC) s’est montrée efficace dans la lutte au réchauffement climatique en refroidissant l’atmosphère chaque fois qu’elle prenait la parole.

Stimulé par l’éventualité de détenir la balance du pouvoir dans un gouvernement minoritaire, le bloquiste Mario Simard a multiplié les attaques contre son « collègue de l’UQAC » Philippe Gagnon du PCC et le libéral Vincent Garneau, les accusant de porter les couleurs d’un parti dont le chef tient un double discours selon qu’il parle en français ou en anglais. Une attaque qui lui permet de semer des doutes sur les intentions de Justin Trudeau face à la loi sur la laïcité et sur celles d’Andrew Scheer devant le débat sur l’avortement. « Il y a une candidate conservatrice en Ontario qui fait de la lutte à l’avortement le combat de sa vie et un proche conseiller du Québec d’Andrew Scheer a dit qu’il ne s’opposerait pas à ce qu’un député ramène ce débat. Comment fais-tu pour appuyer un tel parti ? », a-t-il demandé à Philippe Gagnon, qui a répondu que M. Scheer avait été très clair sur ses intentions de respecter les volontés du Québec lors de son passage à Tout le monde en parle.

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Vincent Garneau a démontré un certain talent pour faire écouler les deux minutes allouées lors des face-à-face lorsqu’il ne voulait pas répondre à une question, notamment sur le projet de chemin de fer entre le nord du lac et Baie-Comeau, et sur l’inertie de son gouvernement à combler les lacunes du réseau cellulaire au Lac-Saint-Jean.

Il a cependant avoué à la candidate verte Lyne Bourdages que le gouvernement Trudeau n’a pas été parfait sur toute la ligne pendant son premier mandat en matière d’environnement, mais qu’il avait commencé à faire avancer le Canada dans la bonne direction après les reculs imposés par le gouvernement Harper.

Puis il s’est vite tourné vers Philippe Gagnon pour attaquer le « faux plan environnemental » des conservateurs et lui demander comment une telle chose peut encore être possible en 2019. Là-dessus, M. Gagnon a répondu que le discours libéral est rempli de contradictions et que le gouvernement Harper avait su bien concilier économie et environnement, car sous son règne, le produit intérieur brut du Canada a augmenté alors que les émissions de gaz à effet de serre ont diminué, ce à quoi M. Garneau a répliqué que c’était en raison de la baisse de l’activité industrielle causée par la crise de 2008. « Vous ne cessez pas de vous éloigner des cibles de Paris (COP-21) », a lancé le conservateur.

GNL et rapport d’impôt

Mise à part Lyne Bourgades, personne n’a condamné le projet de GNL Québec et, à la question de cette dernière, qui accusait le NPD de n’être que peinturé vert, Karine Trudel a rappelé que c’est un projet vert qui est vendu à la région et que son rôle sera de s’assurer qu’il remplisse ces conditions.

« Il devra suivre les recommandations de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale, être carboneutre et le gaz devra servir à remplacer du pétrole ou du charbon », a promis la députée sortante.

Le rapport d’impôt unique a continué de diviser Mario Simard et Philippe Gagnon d’un côté, et Karine Trudel et Vincent Garneau qui y sont fermement opposés de l’autre. Selon la néo-démocrate, abolir la déclaration fédérale sonnerait le glas du centre des données fiscales à Jonquière. « Laquelle des deux est votre fausse promesse ? Celle de créer l’impôt unique pour le Québec ou celle du maintien des emplois à Jonquière ? », a-t-elle demandé à Philippe Gagnon.