Trois des cinq activistes qui se sont barricadés dans le téléphérique de Val-Jalbert en avril 2013, Jonathan Thisselmagan-Schuld, Olivier Huard et Marie-Claude Paris-Tanguay.

Prise de bec entre l'avocat et ses clients

Coup de théâtre au palais de justice de Roberval, hier matin, alors que les cinq activistes qui se sont barricadés dans le téléphérique de Val-Jalbert en avril 2013 ont remercié leur avocat de ses services, le jour même de leur procès.
Me Louis Tremblay, qui assurait leur défense depuis les événements survenus dans le téléphérique, s'est présenté devant le juge Paul Guimond, affirmant qu'il venait de se faire retirer le mandat de représenter ses clients.
Visiblement contrarié par la situation, Me Tremblay a préféré ne pas émettre de commentaires à sa sortie de la salle d'audience, mentionnant aux médias que cette décision appartenait à ses anciens clients. « Ça leur est propre, ils m'ont retiré le mandat. »
Quelques instants auparavant, dans les couloirs du Palais de justice, l'avocat a vertement invectivé ses clients allant jusqu'à user de blasphèmes après que la mère de Marie-Claude Paris-Tanguay lui eut demandé de rester poli.
Confiance
Les accusés ont justifié leur décision par la rupture du lien de confiance entre les parties. Le juge Guimond a accepté ce changement de cap, soulignant que les militants avaient droit à un procès neutre.
La veille, les opposants au projet de construction d'une minicentrale au Village historique de Val-Jalbert avaient eu des échanges avec le cabinet de l'avocat robervalois Jean-Pierre Lévesque.
Ce n'est qu'hier matin qu'Olivier Huard, Marie-Claude Paris-Tanguay, Benoît Thisselmagan, Jonathan Thisselmagan-Shuld et Philip Zoghbi ont retenu les services d'un nouveau procureur.
Me Jean-Pierre Lévesque ne croit pas que les militants aient agi de la sorte pour essayer de gagner du temps dans tout le processus judiciaire. « On arrive aujourd'hui à la date du procès et ces gens-là avaient un inconfort avec le lien professionnel qui les unissait à leur ancien procureur. Le droit à une défense pleine et entière commence par le droit d'être représenté par quelqu'un en qui on a confiance. »
Les cinq policiers qui s'étaient déplacés à la cour de Roberval pour témoigner dans cette affaire ont été rapidement libérés.
La cause a été reportée au 19 mars prochain. D'ici cette date, les nouveaux procureurs au dossier analyseront l'ensemble de la preuve afin d'orienter leurs clients.
Les écologistes font face à des accusations de méfaits, d'introduction par effraction, d'utilisation d'outils de cambriolage et d'avoir gêné l'exploitation du Village historique de Val-Jalbert.
Outre les accusations criminelles, ces personnes sont aussi poursuivies au civil par la Corporation du Parc régional de Val-Jalbert. Le site touristique leur réclame une somme de quelque 15 000 $ pour les frais encourus par leur geste du printemps dernier, dont les dommages causés au téléphérique.