Le président de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Luc Mathieu, était de passage dans la région au cours des derniers jours.

Priorité aux «super-infirmières»

S’il n’en tient qu’à l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), le futur de la profession passe inévitablement par une formation universitaire systématique de ses membres, qui ne sont actuellement qu’une sur deux à détenir un diplôme d’études supérieures.

De passage au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans le cadre d’une tournée provinciale qui l’a mené à Alma mercredi, et dans un CHSLD de Métabetchouan jeudi pour y rencontrer des membres, le président de l’OIIQ, Luc Mathieu, entend travailler assidûment sur ce dossier au cours de la prochaine année.

« Pour devenir une infirmière praticienne spécialisée (IPS), il faut un baccalauréat. Au Québec, contrairement aux autres provinces, on n’est pas obligé d’avoir un bac pour être infirmière. On a 46 % de nos membres qui ont un bac, et dans ce 46 %, ce n’est pas tout le monde qui veut faire des études supérieures pour devenir IPS. C’est un dossier important, et ce n’est pas aux dépens de nos membres qui sont titulaires d’un diplôme d’études collégiales. On reconnaît leurs compétences, mais avec le futur des soins, avec les nouvelles modalités comme la télésanté ou la domotique, nos collègues [médecins] nous disent qu’on a besoin d’infirmières avec [un meilleur jugement clinique]. C’est une grande priorité pour nous », indique M. Mathieu, qui espère que l’aspect législatif du dossier des IPS soit réglé au cours de la prochaine année.

La ministre de la Santé Danielle McCann, pousse également pour que les « super-infirmières » puissent aussi poser certains diagnostics, prescrivent des médicaments et proposent des plans de traitement sans avoir recours à un médecin.

« Ça va avoir des impacts pour la population parce que ça va permettre aux IPS de voir des patients et de ne pas les référer systématiquement à un médecin, comme c’est le cas actuellement. Pour le patient, ça sauve un rendez-vous et pour le médecin, ça libère une place. La population sauve à deux places », mentionne-t-il.

Temps supplémentaire obligatoire

Durant sa visite dans la région, il a notamment assisté à l’assemblée générale de l’OIIQ Saguenay–Lac-Saint-Jean–Nord-du-Québec, à Alma. Le président de l’Ordre dit constater que les infirmières de la région demeurent très engagées envers leur profession, malgré les conditions difficiles qui ont fait la manchette au cours des derniers mois, notamment en raison du temps supplémentaire obligatoire (TSO).

« Malgré des conditions d’exercice pas nécessairement faciles, il n’en demeure pas moins que les membres que je j’ai rencontré [mercredi] sont très engagés et dynamiques. Au cours des derniers mois, on est intervenus parce que le temps supplémentaire obligatoire devrait être une mesure d’exception, mais au cours des dernières années, c’est devenu une pratique systématique de planification de la main-d’œuvre et ça ne devrait pas être le cas. Dans certains cas, les établissements ont utilisé notre code de déontologie pour forcer les infirmières à faire du TSO, ce qui n’est pas correct. Notre code dit que c’est l’infirmière elle-même qui détermine si elle est en mesure de faire du TSO, les gestionnaires ne peuvent pas leur mettre ça dans la gorge. On demeure vigilants à ce sujet et on interpelle la ministre [Danielle McCann] régulièrement à ce sujet-là », assure Luc Mathieu.

Rappelons d’ailleurs que le précédent gouvernement libéral s’était engagé en 2014 à ajouter plus de 2000 infirmières praticiennes spécialisées dans le réseau de la santé d’ici 2024-2025.