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Prévention du suicide: la vulnérabilité à la hausse, des semaines cruciales à venir

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
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Les facteurs de vulnérabilité sont à la hausse. Pour les personnes qui sont aux prises avec des idées noires, les prochaines semaines pourraient s’avérer particulièrement difficiles. Le Centre de prévention du suicide (CPS) 02 rappelle l’importance d’être proactif, de prendre soin de soi et des autres, et de ne jamais hésiter à appeler pour demander de l’aide.

Annie Laviolette, coordonnatrice des services de prévention, formation et communication au CPS 02, affirme que même s’il est trop tôt pour émettre des conclusions sur les conséquences de la COVID-19 sur le nombre de suicides, on ne peut nier que plusieurs facteurs de vulnérabilité sont à la hausse. La détresse psychologique est également très présente, chez tous les groupes d’âge.

Les problèmes de famille, la solitude, l’absence de routine et la mélancolie sont des facteurs qui peuvent rendre éprouvante cette période de l’année. « Il n’y a rien de pire que d’être seul quand tous les autres ont du fun. Cette année, par contre, nous serons tous dans le même bateau, donc ce sera assurément différent », indique Mme Laviolette.

S’adapter constamment aux nouvelles mesures peut devenir épuisant, et ce, peu importe l’âge. Que ce soit la garde partagée des enfants, la planification financière, l’emploi ou la violence conjugale, l’instabilité et l’angoisse ont fait partie du quotidien de nombreuses personnes, au cours derniers mois.

Cela peut peser gravement sur quelqu’un qui vivait déjà de la détresse psychologique.

La préventionniste ne peut passer sous silence les conséquences positives de la situation actuelle. La santé mentale est sur toutes les lèvres et les messages publicitaires se font entendre. « On parle beaucoup plus de santé mentale et il faut s’en réjouir. On a tous une santé mentale et on est ensemble dans une même crise. Il y a quelque chose de très humain. On vit tous la même chose, mais nous n’avons pas tous la même chance », laisse-t-elle tomber.

Reconnaître les signes

Les personnes aux prises avec des idées noires montrent parfois des signes de détresse, par exemple des changements de comportement drastiques, des performances au travail qui chutent ou qui augmentent, de la fatigue ou de l’insomnie. La personne se montrera peut-être plus irritable, moins patiente et peut être désintéressée par tout ce qui la passionnait auparavant.

Certains laissent tomber des indices. « Il y a des gens qui vont nous dire des messages. Ils peuvent être très clairs ou plus subtils, comme : “Je dormirais pis je ne voudrais pu jamais me lever.” Il ne faut pas avoir peur de demander des précisions, pour savoir ce que la personne veut vraiment dire », conseille la coordonnatrice.

Mme Laviolette suggère également aux proches de poser des questions claires. C’est la seule façon d’obtenir des réponses précises. « Il faut aller vers la personne et poser la question. “As-tu des idées suicidaires ?” Souvent, les gens la posent à la négative : “Tu n’as toujours pas des idées négatives, j’espère ?” C’est plus dur comme ça de répondre », souligne-t-elle.

Il faut être prêt à entendre la réponse et à amener la personne vers les ressources en cas de besoin. Il ne faut surtout pas hésiter à ouvrir la conversation. L’aide peut être apportée jusqu’à la dernière minute.

Plusieurs ressources

La coordonnatrice tient à rappeler que près de 300 organismes dans la région aident les personnes dans le besoin. La majorité, y compris le CPS 02, a réussi à s’adapter aux mesures sanitaires afin de continuer d’offrir leurs services.

Pour communiquer avec le CPS 02, il faut composer le 1866 APPELLE. La ligne est là pour les personnes en crise, mais aussi pour celles qui ne vont pas bien et qui savent qu’une période difficile approche. Le CPS 02 est une ressource de prévention, qui pourra donner des outils et mettre en place un filet de sécurité pour toute personne dans le besoin.

Une personne qui s’inquiète pour un proche peut également entrer en communication avec l’organisme. Des intervenants du CPS pourront même appeler un proche pour un tiers, afin de lui parler des inquiétudes le concernant. Le CPS 02 peut aussi aider les personnes endeuillées par le suicide.

Il n’y a pas de honte à demander de l’aide. « Demander de l’aide, c’est important, c’est fort, c’est humain. Les ressources sont là. On a un bottin de ressources. On va prendre le temps de vous parler et de mettre des actions en place. Quand elles sont mises en place, ça va mieux. Le premier pas est le plus difficile », rappelle la responsable.

Le CPS 02 a également une page Facebook, Centre de prévention du suicide du SLSJ – CPS 02, où on retrouve une foule d’informations.