Mathieu Brisson et Mélanie Lapierre, intervenants et formateurs au CPS 02, étaient de passage dans les bureaux du Quotidien, lundi matin, pour parler de la Semaine de prévention du suicide, qui aura lieu du 2 au 8 février.­
Mathieu Brisson et Mélanie Lapierre, intervenants et formateurs au CPS 02, étaient de passage dans les bureaux du Quotidien, lundi matin, pour parler de la Semaine de prévention du suicide, qui aura lieu du 2 au 8 février.­

Prévention du suicide: de la détresse dès l’enfance

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
Rupture amoureuse, anxiété de performance, impulsivité. Les enfants et les adolescents ne sont pas épargnés par les idées suicidaires. La détresse peut même les atteindre dès l’âge de 7 ans.

La Semaine nationale de prévention du suicide, qui se tiendra du 2 au 8 février, sera une bonne occasion de sensibiliser la population. Le Centre de prévention du suicide Saguenay–Lac-Saint-Jean–Chigougamau-Chapais (CPS 02) offrira d’ailleurs, dans le cadre de la 30e édition, plusieurs activités tout au long de la semaine.

De passage dans les bureaux du Quotidien lundi matin, Mathieu Brisson et Mélanie Lapierre, intervenants et formateurs au CPS 02, ont confirmé qu’il n’est pas rare que la ligne d’intervention téléphonique sonne pour des jeunes dès 7 ou 8 ans. Souvent, ce sont des proches, des professeurs ou des intervenants scolaires qui s’inquiètent et qui demandent à être conseillés ou outillés pour intervenir de la bonne façon auprès d’eux.

Selon eux, avant 10 ou 12 ans, les jeunes n’ont pas la même notion de la mort. Il ne réalise pas l’aspect irréversible du suicide.

« Ma mère n’est pas gentille. Je vais me tuer, elle va avoir de la peine et après, elle ne me chicanera plus », donnent-ils en exemple.

Chez les jeunes adolescents, les idées suicidaires sont bien là, mais ça fait longtemps qu’ils n’en ont pas vu un passer à l’acte.

Mathieu Brisson explique qu’il faut s’intéresser à la réalité des jeunes pour comprendre pourquoi ils en sont rendus là. Par exemple, un jeune de 13 ans avait des idées suicidaires parce que sa blonde l’avait laissé. Mais en le questionnant, les intervenants ont compris que l’adolescent était rejeté à l’école et que cette fille l’avait accepté comme il était. C’est ainsi qu’ils ont pu savoir comment l’aider, quoi dire ou quoi ne pas dire.

« L’accumulation est le point central des idées suicidaires. Il n’y a pas juste une chose. Il faut parler de toutes les souffrances et se concentrer sur ce qui amène la souffrance », explique M. Brisson.

Environ 40 personnes s’enlèvent la vie et près de 800 autres font une tentative de suicide chaque année au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Parmi celles-ci, 300 doivent être hospitalisées.

« Les personnes suicidaires ne veulent pas mourir. Elles veulent arrêter de souffrir. Il faut décortiquer la souffrance. Créer de l’espoir, rattacher les gens à leurs proches, à leurs passions », ajoute M. Brisson.

Activités

La semaine d’activités sera lancée avec le brunch des endeuillés, le dimanche 2 février, à l’hôtel Delta d’Arvida. Mélanie Lapierre explique qu’il est important de prendre soin de ces personnes, d’autant plus qu’elles entendent beaucoup parler de suicide pendant la semaine.

D’ailleurs, en lien avec les jeunes et les adolescents, une conférence grand public sera offerte le lundi, toujours au Delta, par Serge Goyette, qui traitera de leur détresse et de la façon d’intervenir auprès d’eux. La même conférence sera offerte le lendemain, à Chibougamau.

Formation de sentinelles, ateliers et kiosques sont également prévus.

Les deux intervenants admettent que le slogan « Parler du suicide sauve des vies » a eu un impact positif, en ce sens que les gens appellent davantage lorsqu’ils s’inquiètent pour un proche et qu’ils ne savent pas quoi faire.

« Il y a les proches, mais il y a aussi des médecins, des pharmaciens, des intervenants, des conseillers financiers. C’est beau de voir des professionnels qui s’inquiètent. Il y a beaucoup de prévention de la part des tiers. Un des objectifs, c’est de mobiliser la communauté », soulignent-ils.

Les gens qui ont besoin d’aide, pour eux ou pour un proche, sont invités à appeler au 1866-APPELLE (1 866 277-3553), 24 heures sur 24, sept jours sur sept.