Prestation canadienne d’urgence: à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
À peine lancée, la prestation canadienne d’urgence (PCU) de 2000$ suscite déjà les passions. Pour certains elle est trop généreuse, pour d’autres, elle ne fait que payer les besoins de base. Mais une chose est sûre, cette mesure ratisse large.

Les étudiants de 15 ans et plus qui restent chez leurs parents et qui ne se trouvent pas d’emploi avec la fermeture des commerces, un adulte qui veut prendre soin d’un proche, un consultant qui a perdu ses contrats, des gens qui ne se sentent pas bien physiquement pour poursuivre leur travail, une mère ou un père qui veut rester à la maison s’occuper de ses enfants... Rares sont ceux qui n’auront pas accès à cette aide d’urgence qui fera sans doute l’objet de dérapages.

«On se fie sur la bonne foi des gens. Parce qu’on ne pourra pas tout surveiller. Mais on a préféré choisir la rapidité à la perfection», exprime le lieutenant politique de Justin Trudeau au Québec, Pablo Rodriguez, dans une entrevue accordée au Quotidien en fin de journée, vendredi.

Le gouvernement aurait aimé proposer une mesure modulée aux réels besoins des citoyens. Mais l’urgence de la situation a pris le dessus.

«Il y a la théorie, mais la réalité, c’est que des gens n’ont plus d’emploi. Ma soeur et son mari ont perdu leur emploi en même temps. C’est le cas de plusieurs personnes.»

«On a préféré mettre un montant unique, car c’est moins compliqué que de l’adapter à la réalité de chaque personne. Pour certains, le montant est généreux, pour d’autres, il ne l’est pas suffisamment», ajoute le leader du gouvernement à la Chambre des communes

Les gens qui ont gagné au moins 5000$ dans la dernière année sont admissibles.

Pour les entreprises

Attendu par le milieu des affaires, Ottawa a annoncé qu’elle subventionnera 75% des salaires dans les PME. Une mesure chaudement accueillie vendredi. Cette mesure vient remplacer celle annoncée plus tôt en semaine et qui proposait de subventionner seulement 10 % du salaire dans les petites entreprises et non les moyennes.

«On avait ouvert la porte avec le 10% et on a écouté le milieu. C’est la beauté de la chose. On a tenu une rencontre avec la Chambre de commerce de Montréal, le Port de Québec, le Port de Montéral, l’association des manufacturiers, bref, presque tout le milieu des affaires. Et ils nous on dit que c’était une mesure essentielle. On a écouté.»

Les détails et critères de cette mesure seront dévoilés lundi, par le gouvernement libéral.

En plus de ces deux importantes mesures, plusieurs autres allocations ou aides ont été mises en place, dont la bonification de l’aide aux parents. Ils recevront un chèque de 300$ en mai, par enfant, en plus de leur allocation habituelle. Les impôts ont également été retardés, pour laisser plus d’argent dans les poches d’une catégorie de travailleurs.

«Les gens nous disent que ça va coûter des sous à l’État et ils se demandent si on a les moyens de se payer ça. Moi je dis plutôt, est-ce qu’on a les moyens de ne pas le faire», laisse tomber Pablo Rodriguez.