Louis Tremblay, président du Syndicat des communications du Quotidien, Pascale Saint-Onge, présidente de la FNC-CSN, et Claude Dorion, directeur général de MCE conseils, accompagnent Jessica Blackburn, présidente du Cercle de presse.

Presse écrite: le fédéral doit adopter des mesures

En raison de la chute vertigineuse des revenus publicitaires dans les médias écrits et de leur glissement entre les mains de Facebook et Google, le gouvernement doit adopter des mesures temporaires pour permettre la traversée de la crise.

Ce message est celui que continuera de porter auprès des élus fédéraux la Fédération nationale des communications (FNC-CSN) et sa présidente, Pascale Saint-Onge, en prévision du prochain budget qui sera déposé à la Chambre des communes en mars prochain.

De passage devant le Cercle de presse du Saguenay, en compagnie de Louis Tremblay, président du Syndicat des communications du Quotidien, et de Claude Dorion, directeur de la firme MCE conseils, Mme Saint-Onge a rappelé que depuis 2009, les médias écrits ont subi une véritable saignée avec la perte de 50 % des emplois, la fermeture de 27 quotidiens canadiens et de 275 hebdomadaires en raison de l’érosion des revenus publicitaires.

Malgré l’aide de 36 M$ sur cinq ans apportée par le gouvernement Couillard pour aider les médias écrits, Mme Saint-Onge estime que ce ne sera pas suffisant pour projeter les journaux écrits dans un avenir lointain.

C’est pourquoi la FNC fait pression pour l’adoption de trois mesures d’aide. La première vise à rendre admissibles les quotidiens et hebdomadaires au Fonds des périodiques du Canada, une entité créée en 1970 et qui est aujourd’hui dotée d’une enveloppe annuelle de 75 M$. Ce fonds, dont l’enveloppe devrait être rehaussée, offrirait un crédit d’impôt remboursable de 30 %, dégressif sur cinq ans sur la masse salariale. Il s’inspire de ce qui existe déjà pour les titres multimédias et le cinéma. Ces mesures représentent une somme de 270 M$ en baisse de coûts pour le soutien de 22 500 emplois des journaux au Canada. L’aide serait apportée pour les dépenses en salaires du personnel de rédaction jusqu’à un plafond de 80 000 $ par emploi.

Les syndicats réclament aussi la création d’un comité interministériel dont le mandat serait de mettre en place une infrastructure administrative ayant comme mission d’administrer de façon indépendante l’aide aux médias écrits.

La révision de la Loi sur les droits d’auteur devrait être une occasion pour le fédéral d’accorder une meilleure protection à la production journalistique des médias écrits qui est largement diffusée sur les platesformes Facebook ou Google sans aucune forme de rémunération de leur part. Mme Saint-Onge a profité de l’occasion pour déplorer que le fédéral se refuse à soumettre les platesformes du Web à la fiscalité comme le sont toutes les entreprises implantées au Canada. 

M. Tremblay a mentionné que dans le cadre de la tournée effectuée auprès des élus des différents partis politiques à Ottawa, ils ont pu constater que les députés comprennent bien la problématique à laquelle est soumise l’industrie des journaux écrits.

Dans les prochains jours, la direction de la FNC rencontrera la ministre responsable du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, afin que ses demandes soient exaucées. « Mme Joly a hérité d’une situation qui n’est pas facile puisque tout le monde se pose la question à savoir comment gérer cette situation. On continue de discuter avec le fédéral. »

M. Tremblay a rappelé que le défi de la survie des médias écrits est difficile et que même des journaux comme le New York Times ou La Presse n’y sont pas encore parvenus.

Mme Saint-Onge a conclu que la question de la survie des médias écrits, en cette période de transition, est une question de nature politique, d’environnement fiscal et économique.