Les experts estiment que les électeurs voulant se prévaloir du vote par correspondance n’ont pas une journée à perdre pour poster leur bulletin.
Les experts estiment que les électeurs voulant se prévaloir du vote par correspondance n’ont pas une journée à perdre pour poster leur bulletin.

États-Unis: les bulletins de vote par correspondance arriveront-ils à temps?

Associated Press
Les électeurs américains peuvent-ils faire confiance au service de la poste pour que leur bulletin de vote par correspondance soit livré à temps pour le scrutin de l’élection présidentielle?

En guise de réponse, les autorités conseillent aux électeurs qui veulent utiliser ce mode de votation de procéder le plus vite possible afin de s’assurer que leur bulletin arrive à destination bien avant le jour du scrutin, le 3 novembre.

Les responsables du service postal américain ont plusieurs fois répété que l’agence fédérale dispose amplement des ressources nécessaires pour gérer le flot de bulletins de vote attendu cet automne. Les dirigeants ont aussi promis de prioriser le traitement du courrier lié au vote par correspondance.

Toutefois, le taux de ponctualité du courrier varie grandement d’une région à l’autre et ces derniers temps, la poste peine à respecter son objectif de livraison du courrier prioritaire en moins de cinq jours.

De plus, chaque État américain dispose de ses propres règles concernant l’admissibilité ou non des bulletins de vote par correspondance reçus après le jour du scrutin. Certaines de ces politiques font d’ailleurs actuellement l’objet de contestations judiciaires - ce qui pourrait changer la donne d’ici le 3 novembre.

La carte montre les États qui permettent aux électeurs de retourner les bulletins de vote en personne.

Les derniers mois ont été tumultueux au sein du service postal américain. Au cours de l’été, le nouveau patron de l’agence fédérale, Louis DeJoy, un généreux donateur du Parti républicain et du président Donald Trump, a mis en place une série de politiques internes controversées qui ont eu pour effet de retarder la distribution du courrier à travers le pays.

Puis, peu de temps après l’entrée en poste de Louis DeJoy, Donald Trump a ouvertement admis qu’il allait couper l’aide d’urgence versée à l’agence en lien avec la pandémie afin de nuire à la capacité de la poste de traiter le vote par correspondance.

Les commentaires du président jumelés aux politiques du patron de la poste ont plongé le service dans le chaos et la crainte d’une manipulation politique du vote.

La poste américaine a fait l’objet de poursuites judiciaires dans de nombreux États en raison de ses changements de politiques internes et a subi de nombreuses défaites devant les tribunaux, forçant l’annulation de ces changements.

Un juge de l’État de Washington a carrément qualifié ces décisions «d’attaques politiques sur l’efficacité de la poste» à l’aube de l’élection présidentielle.

Mercredi dernier, la poste a accepté de reculer sur ses changements de politiques internes ayant ralenti le service à l’échelle du pays, réglant du même coup une poursuite déposée par le gouverneur du Montana, Steve Bullock.

Ces changements annulés incluaient la réduction des heures d’ouverture des bureaux, le retrait de boîtes postales et d’équipement de tri du courrier, la fermeture ou la fusion de centres de traitement du courrier et la réduction des efforts supplémentaires, voire l’interdiction des heures supplémentaires, visant à livrer le courrier dans les délais prévus.

Pour toutes ces raisons, les experts estiment que les électeurs voulant se prévaloir du vote par correspondance n’ont pas une journée à perdre pour poster leur bulletin.