Le candidat démocrate à la présidence Joe Biden, photographié le 7 mars dernier, a annoncé jeudi qu’il allait reprendre la campagne de terrain dans les États-clés avant la présidentielle du 3 novembre, rompant avec sa position de grande prudence face à la pandémie de COVID-19.
Le candidat démocrate à la présidence Joe Biden, photographié le 7 mars dernier, a annoncé jeudi qu’il allait reprendre la campagne de terrain dans les États-clés avant la présidentielle du 3 novembre, rompant avec sa position de grande prudence face à la pandémie de COVID-19.

Biden accuse Trump de «jeter de l’huile sur tous les feux»

Agence France-Presse
WASHINGTON — Le candidat démocrate à la Maison-Blanche Joe Biden a accusé jeudi Donald Trump d’alimenter, par pure «stratégie politique», les violences qui ont éclaté en marge de manifestations contre le racisme.

«Je l’ai dit clairement. Il n’y a pas de place pour la violence, les pillages ou les incendies. Aucune. Zéro», a écrit l’ancien vice-président qui affrontera le républicain lors de la présidentielle du 3 novembre.

Les violences «empirent et nous savons pourquoi. Donald Trump refuse même de reconnaître qu’il y a un problème de disparités raciales en Amérique», a ajouté Joe Biden.

«Au lieu de tenter de calmer les eaux, il jette de l’huile sur tous les feux», a affirmé l’ex-bras droit de Barack Obama. «La violence n’est pas un problème à ses yeux, c’est une stratégie politique. Et plus il y en a, mieux c’est pour lui» en vue de se faire réélire, a-t-il accusé.

Entretien avec la famille de Jacob Blake

Joe Biden et sa colistière, Kamala Harris, se sont entretenus mercredi avec la famille de Jacob Blake, un père de famille noir touché dimanche de plusieurs balles dans le dos tirées à bout portant par un policier blanc à Kenosha, dans le Wisconsin.

Ces faits ont ravivé la colère aux États-Unis face au racisme et aux violences policières. Des manifestations ont dégénéré à Kenosha en violences, qui ont fait deux morts et un blessé grave.

Un jeune de 17 ans, Kyle Rittenhouse, qui s’était joint à des groupes d’hommes en armes affichant leur volonté de «protéger» la ville, a été arrêté et inculpé mercredi pour ces meurtres, soupçonné d’avoir ouvert le feu sur des manifestants avec un fusil d’assaut.

Sans un mot pour Jacob Blake, Donald Trump a jusqu’ici mis l’accent sur les violences et juré qu’il ne tolérerait pas «l’anarchie dans les rues américaines». Il accuse Joe Biden et les démocrates de ne pas vouloir agir.

Le président acceptera jeudi soir officiellement la nomination du parti républicain pour briguer un second mandat, lors d’un discours très attendu à la Maison-Blanche.

Dans un discours en forme de réquisitoire contre le milliardaire républicain, la sénatrice Kamala Harris, première colistière noire et d’origine indienne de l’histoire des États-Unis, a de son côté appelé jeudi à ne pas confondre manifestants pacifiques et émeutiers.

«Soyons clairs, nous ne laisserons pas ces milices et les extrémistes faire dérailler le train de la justice», a ajouté l’ancienne procureure, à Washington.

Campagne dans les États-clés

Joe Biden a annoncé jeudi qu’il allait reprendre la campagne de terrain dans les États-clés avant la présidentielle du 3 novembre, rompant avec sa position de grande prudence face à la pandémie de COVID-19.

Beaucoup plus présent sur le terrain, son adversaire, le président républicain Donald Trump, raille régulièrement celui qu’il surnomme «Joe l’endormi» pour être resté strictement confiné chez lui, dans le Delaware, pendant plus de deux mois à partir de mars et avoir limité depuis ses déplacements à son État et celui voisin de la Pennsylvanie.

«Je vais voyager à travers le pays, là où il sera possible de le faire en respectant les règles des États» sur les rassemblements pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, a déclaré l’ancien vice-président américain, 77 ans, lors d’une collecte de fonds en ligne.

«L’une des choses à laquelle nous pensons est que j’aille dans le Wisconsin, et le Minnesota, passer du temps en Pennsylvanie, dans l’Arizona», a-t-il ajouté à propos de ces États qui pourraient déterminer l’issue du scrutin.

«Mais nous allons le faire d’une façon qui soit totalement responsable, contrairement à ce que ce type fait», a lancé Joe Biden à propos de Donald Trump, 74 ans.

Le milliardaire républicain avait brièvement repris les rassemblements en juin avant d’interrompre de nouveau ce type de grands rassemblements. Il continue néanmoins de sillonner le pays à bord d’Air Force One pour donner des discours devant des partisans.