Les bénévoles livrent deux fois plus de repas qu'il y a quelques mois aux membres du Centre communautaire de Jonquière.
Les bénévoles livrent deux fois plus de repas qu'il y a quelques mois aux membres du Centre communautaire de Jonquière.

Près de deux fois plus de repas livrés à domicile depuis le printemps

Ismael Raymond
Ismael Raymond
Le Quotidien
S’ajoutant au vieillissement constant de la population durant les dernières années, l’apparition de la COVID-19 a fait bondir le nombre de repas livrés aux aînés par le Centre communautaire les aînés de Jonquière, qui est passé de 2206 à 4040 par mois.

Le Centre communautaire et sa Fondation des Aînés traversent une période éprouvante en ce qui concerne leur financement et donc l’octroi des services auprès de sa clientèle. Selon la directrice de l’organisme à but non lucratif, Annie Hovington, cela s’explique d’une part par l’augmentation importante des demandes provenant des personnes âgées en perte d’autonomie et d’autre part par la diminution des sources de revenus, dont les locations de salle normalement offertes par l’organisme.

« En mars dernier, nous avons rapidement cessé toute activité et ce fut dévastateur financièrement pour notre organisme. Vous êtes au fait que nous faisons face à une pandémie sans précédent. Toute la communauté est touchée par cette crise sanitaire dont l’issue demeure inconnue », souligne Mme Hovington.

Grâce à l’implication des conducteurs qui font jusqu’à 35 heures par semaine pour maintenir l’offre de transport pour les aînés, d’une douzaine de livreurs et de cinq cuisiniers, les services se poursuivent malgré tout. « Pour nous adapter aux besoins de notre clientèle, nous avons aussi mis en oeuvre des cours d’informatique en collaboration avec le Centre de Formation Générale des Adultes De La Jonquière. Cela leur permet d’apprendre à faire leur épicerie en ligne et de suivre nos sessions de cardio actif de manière virtuelle », explique Mme Hovington.

Des aînés fragilisés par la pandémie

Durant les derniers mois, les employés et les bénévoles du Centre ont constaté une plus grande détresse psychologique chez les aînés. L’isolement étant le principal facteur, l’organisme a tenu à garder un contact téléphonique avec chacun de ses 2500 membres pendant le confinement.

Mme Hovington déplore par ailleurs le fait que plusieurs travailleurs autonomes en soins à domicile aient cessé leurs activités professionnelles. Elle attribue cette réalité aux exigences du métier, mais aussi à la facilité d’accès à la Prestation canadienne d’urgence (PCU) qui, selon elle, en décourage plusieurs.

Une activité de financement réinventée

Étant donné le contexte actuel, la traditionnelle dégustation de vins et fromages au profit de la Fondation des Aînés ne pourra pas se tenir à l’intérieur de leur salle.

« Nous avons dû adopter une nouvelle formule. Des paniers de dégustation pour deux personnes seront livrés directement aux domiciles le 20 novembre prochain, en respectant toutes les mesures sanitaires de la Santé publique », précise Mme Hovington. L’organisme compte sur la générosité de la population pour réussir à atteindre son objectif d’amasser 20 000 $ dans le cadre de cette activité.