Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il manque encore une centaine de préposés aux bénéficiaires pour combler les besoins.

Préposés aux bénéficiaires: 200 postes à temps partiel transformés en poste à temps complet

La pénurie de préposés aux bénéficiaires qui touche le Saguenay-Lac-Saint-Jean pourrait s’améliorer au cours des prochaines semaines. Quelque 200 postes à temps partiel seront transformés en postes à temps complet, ce qui sera beaucoup plus attractif pour la main-d’oeuvre.

« À l’automne, nous avons renégocié nos conventions collectives locales. L’un des gains était le rehaussement des postes, c’est-à-dire d’en transformer plusieurs à temps partiel à temps complet. Ce rehaussement sera plus intéressant pour les préposés et il permettra aussi d’alléger la tâche des préposés actuels », a affirmé Gaston Langevin, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean compte entre 900 et 950 préposés aux bénéficiaires. Pour combler les besoins, il en manquerait une centaine. Mais en transformant 200 postes, la situation sera nettement améliorée, a fait savoir Gaston Langevin.

Le rehaussement des postes a d’ailleurs été mis en branle cette semaine. « C’est beaucoup plus intéressant pour un préposé d’avoir un poste à temps complet qu’être simplement inscrit sur la liste de rappel », a ajouté M. Langevin.

Si la situation des préposés tend à s’améliorer, un autre problème se pointe à l’horizon. Le recrutement des préposés à l’entretien ménager se fait plus difficile.

« Nous sommes vraiment à la croisée des chemins. Ce sont les gens qui ont le choix présentement, pas les employeurs. Il va bientôt falloir plancher sur une solution, car le recrutement en hygiène et en salubrité pour nos établissements de santé s’annonce plus difficile. Et s’il y a quelque chose d’important dans les établissements, c’est bien la salubrité et l’hygiène », a affirmé Gaston Langevin.

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DES DOUTES ENVERS LE GOUVERNEMENT LEGAULT

La crise de surcharge de travail du personnel du réseau de la santé et des services sociaux sévit toujours au Québec. La FSSS-CSN a tenu un sondage électronique qui illustre que 61 % de ses membres dans le secteur public doutent que le gouvernement Legault parvienne à régler rapidement la crise qu’ils vivent depuis plusieurs mois. Si le gouvernement veut inverser cette tendance et regagner la confiance de celles et ceux qui soignent la population, il doit agir rapidement, selon la FSSS-CSN.

À la question: «Faites-vous confiance au nouveau gouvernement de la CAQ pour régler rapidement la crise de la surcharge de travail dans le réseau de la santé et des services sociaux ?», 61 % des répondants du sondage réalisé par la FSSS-CSN disent que non. Le coup de sonde de la FSSS-CSN a été réalisé du 15 au 21 janvier 2019 et a permis d’obtenir l’avis de 2452 répondants pour une marge d’erreur de 2 %.

« On le voit, le personnel qui soigne la population au jour le jour doute que le nouveau gouvernement Legault fasse ce qu’il faut pour leur permettre de souffler. Mais il y a aussi une part importante de nos membres qui sont prêts à laisser la chance au coureur. Si le gouvernement veut augmenter sa cote de popularité auprès du personnel du réseau, il ne peut plus attendre. S’il est à la recherche de solutions, le gouvernement sait que nous en avons à proposer ! », explique Jeff Begley, président de la FSSS-CSN.

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LE RECRUTEMENT DE PLASTICIENS DIFFICILE

La situation est toujours précaire au département de chirurgie plastique de l’hôpital de Chicoutimi. Deux chirurgiens sont en poste, alors que le plan du ministère en prévoit quatre. Le département, qui soigne les patients des quatre coins du Saguenay–Lac-Saint-Jean, vit des moments difficiles depuis deux ans. 

En un peu plus de deux ans, le département a perdu trois de ses chirurgiens. Le premier a pris sa retraite, le chef du service est tragiquement décédé dans un accident de motoneige et, l’an dernier, celui qui a ensuite supporté le département pendant un an, Dr David Boudana, a quitté ses fonctions, exténué. Il a ouvert une clinique privée depuis. 

Questionnée à savoir si le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) avait pu pourvoir les postes, la responsable des médias, Marie-Pierre Maheux, a affirmé qu’actuellement, deux chirurgiens se partagent la tâche. Une embauche s’est donc concrétisée au cours de la dernière année.

« Nous poursuivons nos efforts de recrutement, mais il demeure difficile. Si tout se passe comme prévu, nous accueillerons une nouvelle ressource cet été », a affirmé Mme Maheux.

Le service de chirurgie esthétique roule donc à deux médecins depuis plus de deux ans. « Selon les besoins, nous pouvons compter sur l’aide des orthopédistes d’Alma ou de spécialistes de Québec », a ajouté la relationniste du CIUSSS. Les orthopédistes d’Alma sont aptes à réaliser des chirurgies de la main, ce qui explique leur soutien.

Soulignons que les chirurgiens du département plastique ne se chargent pas simplement des opérations strictement esthétiques. On parle de chirurgies de reconstruction après un accident ou une maladie, notamment.