Malgré une directive contraire du gouvernement du Québec, le directeur des communications de la SQ, Guy Lapointe, indique que les policiers de la Sûreté du Québec traitent tous les citoyens de la même manière dans les barrages routiers érigés entre les régions depuis samedi.
 Malgré une directive contraire du gouvernement du Québec, le directeur des communications de la SQ, Guy Lapointe, indique que les policiers de la Sûreté du Québec traitent tous les citoyens de la même manière dans les barrages routiers érigés entre les régions depuis samedi.

Premières Nations et barrages routiers: La SQ fait fi des demandes de Québec

La Sûreté du Québec (SQ) fait la sourde oreille au gouvernement qui a demandé aux corps policiers de laisser passer les membres des Premières Nations « sans restrictions » aux barrages routiers. Ces mini-douanes temporaires, rappelons-le, ont été aménagées dans huit régions du Québec, samedi, sous les ordres de François Legault, afin de limiter les déplacements intra-Québec.

Joint hier, le directeur des communications de la SQ, Guy Lapointe, a confirmé que tous les citoyens, allochtones et autochtones, doivent respecter les mêmes consignes et ne peuvent circuler entre les régions.

« Je ne peux pas commenter les décisions du gouvernement. Mais à la Sûreté du Québec, nous traitons tous les gens de la même manière », assure Guy Lapointe.

Certains bureaux de la SQ, toutefois, avaient respecté l’ordre du gouvernement, dont le poste de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est. Dans un courriel envoyé aux sergents, dimanche dernier, on apprenait que le gouvernement a en effet demandé de traiter les membres des Premières Nations différemment. Dans la communication écrite, il est indiqué que la demande vient « du gouvernement ». « Je ne suis que le messager », écrit le capitaine du poste, avant d’annoncer la nouvelle instruction.

Dans la journée, mardi, la SQ aurait toutefois rappelé aux équipes en région de réviser leurs procédures aux barrages et de traiter désormais tous les citoyens sur un pied d’égalité.

Au Service de police de Saguenay (SPS), la direction confirme qu’elle a reçu le même ordre du gouvernement et qu’elle le respecte. « Nous allons faire respecter le décret et laisser passer les Autochtones » , confirme Dominic Simard, de la SPS.

Le Quotidien a tenté d’entrer en contact avec le ministère de la Sécurité publique pour en savoir plus sur cette volonté de donner plus de liberté aux membres des Premières Nations. Mais l’appel logé par Le Quotidien n’a pas été retourné. Il a donc été impossible d’obtenir plus de précisions à ce sujet.

Huit régions sont présentement encerclées par les barrages, soit le Bas-Saint-Laurent, l’Abitibi-Témiscamingue, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec, le Nunavik et les Terres-Cries-de-la-Baie-James.

Depuis samedi, les différents corps policiers contrôlent les allées et venues dans ces régions et seuls les services considérés essentiels, dont la livraison de marchandise et l’aide humanitaire, peuvent traverser les barrages. Certaines communautés autochtones au Québec ont également aménagé leurs propres barrages routiers pour mieux protéger leur territoire.

Cette volonté du gouvernement de leur donner plus de pouvoir rappelle le caractère distinct des Premières Nations qui, malgré la Loi fédérale sur les Indiens qui se montre restrictive et même infantilisante, sont reconnues comme des nations indépendantes. Depuis plusieurs années, les communautés négocient d’ailleurs avec Ottawa pour obtenir leur totale autonomie.