Première exposition et funérailles virtuelles à la Résidence funéraire du Saguenay

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
La nécessité de servir les familles endeuillées en cette période de COVID-19 incite la Résidence funéraire du Saguenay à offrir un service d’exposition et de funérailles virtuelles. Une première expérience du genre sera vécue samedi prochain.

Brigitte Deschênes, directrice de la Résidence funéraire du Saguenay, mentionne que la crise de la COVID-19 ajoute un lourd tribut aux familles qui vivent déjà le deuil d’un proche. Habituellement, les membres des familles sont encouragés, soutenus et supportés, mais il y a souvent de l’inquiétude dans l’entourage élargi de la personne décédée de ne pas revoir le corps de la personne après son décès, explique Mme Deschênes. « On ne sait jamais comment une personne décédée a pu marquer des personnes au cours de sa vie. On ne peut mesurer la détresse de ces personnes », explique Mme Deschênes.

Le contexte sanitaire actuel incite des familles à reporter les expositions de défunts et de funérailles même s’il est possible de recevoir des groupes restreints de membres de la famille pour un dernier adieu dans le respect des mesures sanitaires imposées par la Santé publique.

C’est dans ce contexte que Mme Deschênes a offert aux enfants d’une dame décédée en très grand âge de procéder samedi à une exposition et à des funérailles virtuelles.

En se rendant à l’avis de décès de la dame sur le site web de la résidence funéraire entre 10h 50 et 11h 50 il sera possible pour l’entourage élargi d’apercevoir une dernière fois la dépouille et d’assister à partir de 11 h à ses funérailles. Cet entourage élargi peut se composer de voisins depuis des décennies, amis partageant des activités diverses, etc.

« Il est reconnu que lorsqu’on peut voir une dernière fois la personne décédée, de prendre le temps de lui faire un dernier adieu, il est beaucoup plus facile d’entamer la période de deuil et d’apaisement. Nous allons voir comment tout ça a été concluant, mais on croit que ça peut permettre de faire vivre quelque chose de significatif et de sensible a des personnes », précise Mme Deschênes.

Par ailleurs, Mme Deschênes et d’autres directions de maisons funéraires ont nié des informations circulant à l’effet qu’elles favoriseraient les crémations des corps plutôt que les expositions habituelles.

Elle ajoute que des autorisations devront être émises par la Santé publique dans les cas ou des maisons funéraires auraient à transporter les dépouilles de personnes décédées de la COVID-19. Ces personnes décédées seraient exposées à des groupes restreints de membres de la famille, et ce, derrière des parois vitrées par mesure de précaution.

Des directives sont attendues par les thanatologues qui doivent embaumer, habiller et préparer les défunts pour une exposition. « On se sert de notre logique et de notre expérience », conclut Mme Deschênes.

Réseau Dignité

Du côté du Réseau Dignité, la coordonnatrice Kathy Gravel, superviseur du territoire Saguenay pour les Résidences funéraires Gravel & Fils, Nault & Caron et pour le Complexe funéraire Bérubé & Fils, a fait savoir par voie de communiqué que les entreprises suivent les directives de l’Agence de la santé publique du Canada et des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) concernant les rassemblements publics. «Nous avons mis en place de nouvelles solutions technologiques pour diffuser des services en ligne qui contribueront à réduire le nombre de personnes à un point de service», d'indiquer Mme Gravel. Ces dispositions seront gérées au cas par cas.