En plus d'être récompensé, le collectif Nikamu Mamuitun-Chansons Rassembleuses a livré une touchante prestation, rappelant le décès tragique de Joyce Echaquan.
En plus d'être récompensé, le collectif Nikamu Mamuitun-Chansons Rassembleuses a livré une touchante prestation, rappelant le décès tragique de Joyce Echaquan.

Premier gala de l'ADISQ: Les Cowboys Fringants, Marie-Pierre Arthur et Patrick Watson lancent le bal

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Avec trois trophées en poche et peut-être deux autres à venir dimanche, Les Cowboys Fringants ont bien mis la table au Premier gala de l’ADISQ, mercredi soir. Marie-Pierre Arthur et Patrick Watson ont également fait fort bonne figure, récoltant chacun deux Félix.

Désigné meilleur vendeur, l’album Les antipodes des Cowboys Fringants a aussi valu à la bande de Karl Tremblay la victoire dans la catégorie rock et celle de la vidéo de l’année pour son grand succès L’Amérique pleure. La pièce est également en lice pour le prix de la chanson de l’année au gala de dimanche, où les Cowboys pourraient ajouter un nouveau Félix du groupe de l’année à sa collection.

Choisi comme meilleur album alternatif, Des feux pour voir de Marie-Pierre Arthur s’est aussi démarqué comme choix de la critique. Si le vote populaire en décide ainsi, elle pourrait ce dimanche être couronnée interprète féminine de l’année.

Marie-Pierre Arthur a accepté deux Félix mercredi lors du Premier gala de l'ADISQ. 

La très personnelle proposition Wave a mérité à Patrick Watson le Félix du meilleur album anglophone. La transposition scénique qu’il en a faite a également été saluée mercredi. Le spectacle The Ballad of the Runaway Girl d’Elisapie et celui de Véronic DiCaire — qui acceptait son premier Félix en carrière — ont aussi été récompensés.

Après une entrée remarquée l’an dernier aux galas de l’ADISQ, la pianiste Alexandra Stréliski a poursuivi sa conquête à la cérémonie de mercredi, où le rayonnement hors Québec de sa carrière a été souligné. Elle pourrait refaire le plein de trophées dimanche, alors qu’elle se retrouve sur la ligne de départ pour le meilleur spectacle (parmi les auteurs-compositeurs-interprètes) et l’interprète féminine de l’année, une rareté pour un projet instrumental.

Autre aspirante au titre de l’interprète féminine, Isabelle Boulay a réclamé un Félix — son 19e en carrière — pour son album de réinterprétations En attendant Noël.

«Justice pour Joyce»

Piloté notamment par Alan Côté du festival de Petite-Vallée et Florent Vollant, le collectif Nikamu Mamuitun-Chansons Rassembleuses, qui réunit des artistes autochtones et allochtones, a été récompensé mercredi parmi les albums mettant en valeur d’autres langues que le français ou l’anglais. Celles qui forment la moitié féminine du groupe (Chloé Lacasse, Marcie, Karen Pinette Fontaine et Joëlle Saint-Pierre) ont d’ailleurs livré une très touchante prestation, arborant sur leur poitrine la mention «Justice pour Joyce» en référence à Joyce Echaquan, cette femme atikamekw décédée sous les injures à l’hôpital de Joliette.

Le vétéran du country Patrick Norman, qui s’est illustré pour son album Si on y allait, a profité du moment pour livrer un extrait de chanson.

Dans les catégories classiques, le travail d’Angèle Dubeau & La Pietà (Pulsations) et de Charles Richard-Hamelin (Chopin : Ballades et Impromptus) a été récompensé. Le Félix du meilleur album instrumental a été remis à Gregory Charles pour LEN, un projet créé en hommage à son père.

La célébration acadienne Live au Pas Perdus de Salebarbes — un groupe qui réunit les frères Éloi et Jonathan Painchaud, Kevin McIntyre, George Belliveau et Jean-François Breau — a récolté le Félix du meilleur album traditionnel. Le groupe a d’ailleurs donné le coup d’envoi au gala en musique, en collaboration avec Les Hay Babies, une autre proposition venue des maritimes.

Le trompettiste Jacques Kuba Séguin (Migrations) a été salué parmi les propositions jazz, tandis que Zal Sissokho (Kora Flamenca) s’est démarqué au chapitre des musiques du monde.  

Le périple en Australie d’Arthur l’aventurier lui a valu le Félix du meilleur album ou DVD jeunesse.

Côté humour, Sam Breton a été honoré pour son spectacle Au pic pis à pelle.

Pierre Lapointe a retrouvé son rôle d'animateur du Premier gala de l'ADISQ. 

Un gala préenregistré

COVID-19 oblige, le gala de mercredi avait été préenregistré. Servi par un montage dynamique et par une participation des plus sympathiques des nommés (qui avaient tous envoyé des remerciements au cas où...) et des gagnants, le spectacle télévisé n’en a pas souffert.

Même en contexte de distanciation physique, le Premier gala de l’ADISQ a multiplié les rencontres musicales. Outre l’ouverture acadienne, on a eu droit à de chouettes duos entre Sarahmée et Miro et Cindy Bédard et Matt Lang. Nomadic Massive est débarqué avec une tonne de mots et une bonne dose de vitamines. P’tit Belliveau nous a fait sourire avec sa célébration du remboursement d’impôts. Les jeunes FouKi et Alicia Moffet n’ont pas non plus failli à la tâche. «C’est grâce à des artistes comme eux que je me sens si vieux», a noté l’animateur, Pierre Lapointe.

À la barre du gala, ce dernier n’a pas éludé le contexte difficile imposé par la pandémie, ni non plus par la vague de dénonciations d’inconduites sexuelles qui a marqué l’été dernier. «On a fait des prises de conscience douloureuses, mais nécessaires. Il y a une prise de parole qui se fait et on l’entend», a-t-il mentionné.

Plusieurs artistes ont souligné la hâte qu’ils ressentent de retrouver leur public, qu’ils n’ont plus revu depuis des mois à cause des consignes sanitaires. Jonathan Painchaud aura certainement le mieux résumé la situation en citant les frères Hanson le film Slap Shot : «Quand est-ce qu’on joue, coach? On est prêts!» Nous aussi, sommes-nous tentés d’ajouter. 

Les derniers Félix de la cuvée 2020 seront remis dimanche soir lors du gala animé par Louis-José Houde sur les ondes d'ICI Télé.