Les membres du groupe Eastern Sound Singers ont invité les jeunes et leurs enseignants à danser autour d'eux.

Pow-wow dans les écoles primaires de Roberval

Les écoles primaires Notre-Dame et Benoît-Duhamel de Roberval vibraient au rythme des tambours et des chants de gorge du groupe autochtone Eastern Sound Singers, mercredi.

Presque tous les enfants et leurs enseignants ont dansé autour des musiciens durant cette prestation artistique qui se voulait une introduction au pow-wow. 

« Je me sens mieux de chanter devant les enfants que les adultes. Ils sont plus appelés à porter attention. Tu le vois qu’ils sont contents. Ça représente beaucoup pour nous. C’est comme si on leur apportait quelque chose de grand », fait valoir Tommy-Joe Petiquay, le leader du groupe. 

Pour le petit Romain Sasseville, âgé de 8 ans, il s’agissait de sa première prestation artistique à saveur autochtone et malgré qu’il était un peu timide, il s’est levé pour danser. 

« J’ai vraiment aimé ça parce que ça faisait du bruit. C’était gênant de tourner en rond pour danser, il y avait beaucoup de monde qui nous regardait », exprime le jeune de deuxième année du primaire. 

Accrocher les autochtones à l’école

L’activité s’inscrivait dans le cadre du projet MAMO/U initié par la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, qui vise à favoriser l’intégration et la réussite des jeunes autochtones dans les écoles primaires de Roberval. 

Anne-Marie Lefrançois, la psychoéducatrice responsable du projet, est d’accord pour dire qu’on entend souvent parler des peuples autochtones de façon négative dans les médias. 

« Ils ont de belles valeurs à nous montrer et des façons de voir les choses qui sont différentes des nôtres autant dans l’éducation, la tradition, la culture et la famille. Ce sont des valeurs qu’on aurait avantage à mieux comprendre et connaître », avance-t-elle. 

Le projet a vu le jour en 2016 et Mme Lefrançois est convaincue de sa nécessité. 

« On sait que plusieurs élèves ont une tendance à décrocher au secondaire, mais si on leur donne le goût d’être à l’école dès le primaire, je pense que ça peut être un facteur de réussite pour la poursuite de leurs études », estime Anne-Marie Lefrançois.

À Roberval, environ 10 % de la clientèle étudiante est autochtone autant au primaire qu’au secondaire.

Une élève autochtone et sa mère se sont habillées de façon traditionnelle et ont dansé sur le rythme des tambours.

La réconciliation, un travail progressif

Malgré les efforts du gouvernement canadien pour se réconcilier avec les peuples autochtones, il reste encore beaucoup de travail à faire, selon Doris Bossum, animatrice au Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean. 

Elle-même a été « arrachée de ses parents » à l’âge de six ans. Elle a vécu deux ans dans un pensionnat autochtone. Maintenant, elle travaille à faire revivre sa culture crie et innue. Son fils de 23 ans se débrouille, mais ce ne sont pas tous les jeunes qui maîtrisent leur langue traditionnelle autochtone. 

C’est pourquoi son organisme a récemment offert des cours de langue innue et souhaite faire la même chose avec la langue atikamekw.

Par ailleurs, les spectacles organisés dans les écoles primaires de Roberval, mercredi, ont permis de donner un avant-goût de la culture autochtone au Lac-Saint-Jean. Mme Bossum a d’ailleurs invité le public à prendre part au grand pow-wow de Mashteuiatsh, du 13 au 15 juillet. 

« Il y a de plus en plus de ponts qui se bâtissent entre les peuples autochtones et non autochtones. Il y a encore beaucoup de travail à faire. C’est juste tant mieux si on peut briser l’ignorance et les barrières par le partage comme c’est le cas dans ce genre d’événement », souligne Doris Bossum.