L’historienne et auteure Russel-Aurore Bouchard était de passage devant les membres du Cercle de presse du Saguenay, mercredi.

Pourquoi un registre des armes à feu?

Russel-Aurore Bouchard n’en démord pas. Le registre des armes à feu viole la liberté fondamentale des Québécois. « Dans les régions ressources, l’arme à feu est intimement liée à notre ADN », a affirmé l’historienne et auteure, lors de son passage devant les membres du Cercle de presse du Saguenay, mercredi matin.

Russel-Aurore Bouchard avait été invitée par l’organisation de presse pour parler de son nouveau livre Armes à feu au Canada et au Québec : la vérité derrière le faux débat. Un livre publié à compte d’auteur et déjà pratiquement épuisé. 

« Je n’ai pas fait faire 2000 copies, mais quand même plusieurs centaines de copies », a affirmé Russel-Aurore Bouchard, qui aborde le sujet historique des armes à feu pour une énième fois dans une publication. 

Liberté brimée

Selon l’historienne, le registre des armes à feu brime la liberté des propriétaires, maintenant forcés d’enregistrer leur arme légalement. Questionnée en quoi cela pouvait venir restreindre cette liberté, Mme Bouchard a d’entrée de jeu affirmé que ça ne s’expliquait pas. 

« C’est comme demander pourquoi une femme a 40 paires de talons hauts dans son walk-in. On ne l’explique pas. Mais venir m’imposer un registre, c’est comme venir jouer dans mon tiroir à bobettes. Et ça criminalise certains qui n’avaient pas le profil du criminel. Saviez-vous que 95 % des délits commis en lien avec l’utilisation d’une arme à feu sont administratifs ? On parle d’un oubli de renouveler son permis ou de ne pas avoir enregistré son arme », a expliqué Russel-Aurore, ajoutant que très peu d’attaques commises avec une arme à feu surviennent au Québec. 

Il déplore également l’utilisation répétée du drame de polytechnique pour mousser la raison d’être d’un tel registre. 

« Le mouvement féministe véhicule d’odieux mensonges et le Québec est devenu un pays castré », a martelé l’historienne.

Se faire entendre : un défi

Malgré ses efforts pour se faire entendre à l’échelle provinciale, les demandes de Russel-Aurore Bouchard restent lettre morte.

« Je vois des articles dans la presse nationale avec des gens en faveur du registre, des supposés experts, mais je n’ai jamais réussi à avoir de tribune ni dans le Journal de Montréal ni dans Le Devoir. J’ai écrit à Richard Martineau pour le féliciter d’un article et il m’a répondu immédiatement. Lorsque je lui ai écrit pour lui offrir mon livre, trois fois plutôt qu’une, je n’ai jamais eu de réponse », déplore Mme Bouchard.

Dernier livre ?

Armes à feu au Canada et au Québec : la vérité derrière le faux débat pourrait bien être le dernier livre de l’historienne. 

« J’écris pour communiquer quelque chose, mais s’il n’y a plus personne pour l’écouter, à quoi bon ? Les jeunes ne lisent plus et alors que j’avais 2000 lecteurs il y a quelque temps, j’en ai maintenant 200. Disons que c’est beaucoup d’énergie et d’investissement », a souligné Russel-Aurore Bouchard.