Dans les recommandations du mémoire, l'AIPQ demande à ce que ses membres puissent poser un diagnostic pour certaines maladies chroniques et commencer immédiatement le traitement.

Pour un meilleur accès aux services

Sans prétendre que cette nouvelle profession constitue le remède miracle, l'Association des infirmières praticiennes spécialisées du Québec (AIPSQ), qui regroupe les « super-infirmières » - dont 11 exercent dans la région -, plaide pour une utilisation optimale de tous les acteurs du réseau de la santé afin de permettre à la population d'obtenir une meilleure accessibilité aux services.
C'est de cette façon qu'il faut interpréter le contenu d'un mémoire déposé par l'AIPSQ auprès de l'Office des professions du Québec (OPQ), lequel procède en ce moment à une révision de l'encadrement réglementaire de la pratique de cette catégorie d'infirmières. 
Présidente de l'AIPQ, Christine Laliberté prévient que les demandes des infirmières praticiennes ne visent qu'à améliorer l'accessibilité aux services en permettant aux praticiennes d'exercer pleinement leurs compétences.
En ce moment, l'Ordre des infirmières du Québec et le Collège des médecins travaillent à évaluer le cadre réglementaire de la profession de façon à y apporter les modifications nécessaires. L'affaire, qui n'est pas simple, concerne les différents actes partagés entre les professionnels de la santé. Dans ce cas, il s'agit des actes réservés aux médecins versus ceux autorisés aux infirmières praticiennes.
Diagnostic
Dans les recommandations du mémoire, l'AIPSQ demande à ce que ses membres puissent poser un diagnostic pour certaines maladies chroniques et commencer immédiatement le traitement. On parle dans ce cas de maladies courantes au sein de la population. Selon la présidente, le diabète est un bon exemple pour illustrer cette demande.
« À partir du moment où l'infirmière praticienne obtient les résultats, elle peut émettre un diagnostic et l'annoncer au patient de façon à débuter le traitement rapidement. En ce moment, elle doit référer le patient au médecin afin qu'il informe ce dernier du diagnostic. L'infirmière reverra le patient plus tard pour le suivi. On pourrait éviter une étape auprès du médecin et ce dernier serait en mesure d'utiliser ce temps pour dispenser des soins à un autre patient », résume la présidente.
« Au Québec, enchaîne la présidente, nous sommes les infirmières praticiennes dont la formation académique est la plus longue au Canada, en plus des stages. Mais nous sommes aussi dans la province où les actes que nous pouvons poser sont les plus limitées en Amérique du Nord. »
Référence
En plus du diagnostic, les praticiennes voudraient avoir la possibilité de référer directement les patients qu'elles rencontrent à des médecins spécialistes. Celles qui travaillent en milieu hospitalier, selon le mémoire, se verraient octroyer la possibilité d'accorder un congé d'hôpital au terme d'une hospitalisation ou d'un traitement spécifique.
Depuis l'ouverture des postes d'infirmières praticiennes, les candidates avaient la possibilité de pratiquer dans les GMF, les unités de médecine familiale et les CLSC. Elles étaient de plus présentes en cardiologie, néonatologie et néphrologie. Au cours des prochains mois, elles devraient aussi avoir accès aux spécialités en santé mentale et pédiatrie.
Elles ont aussi demandé à l'OPQ de leur accorder le pouvoir de remplir des certificats médicaux ou certains documents médicaux dont les citoyens ont besoin lorsqu'ils se retrouvent dans certaines situations. La présidente fait référence à des attestations pour la CSST.
Appuis
Même si ces recommandations semblent majeures, Christine Laliberté signale que les infirmières praticiennes spécialisées ont déjà reçu des appuis provenant des autres professionnels de la santé, dont les médecins. Elle laisse toutefois aux groupes concernés le soin de publiciser ces appuis.
Même si les infirmières praticiennes demandent l'ouverture de leur champ de pratique pour intégrer certains actes réservés aux médecins, leur apport demeurera difficile à mesurer à court terme dans le système de santé. À titre d'exemple, les hôpitaux de la région ont obtenu l'autorisation d'ouvrir 24 postes réservés aux praticiennes. Dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, 11 postes ont été comblés jusqu'à maintenant.