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Pour l’amour de la montagne

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
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La station de ski du Mont Édouard célébrait ses 30 ans cette année, mais en ce week-end de Pâques, ce sont les patrouilleurs qui étaient à l’honneur à l’occasion de la Journée de la patrouille. Les équipes de patrouilleurs étaient toutes sur les lieux sous la thématique « vintage » pour souligner leur travail et celui de leurs prédécesseurs, dans le respect des mesures sanitaires, mais aussi pour amasser des fonds pour le service bénévole.

Avec un soleil resplendissant qui plombait sur la montagne et les habits des couleurs des années 90, les visiteurs avaient de quoi plisser des yeux en voyant la bande de joyeux patrouilleurs qui étaient aussi accompagnés d’anciens collègues. Hot-dogs, animation et surprises étaient au rendez-vous, mais surtout, beaucoup de sourires. À noter que les patrouilleurs en fonction portaient leur uniforme rouge habituel pour être bien visibles en cas de besoin.

« On n’est pas payé pour être dans la patrouille, même qu’on paye. Ce qu’on peut donner à nos bénévoles, c’est de la reconnaissance. On aime le ski, les premiers soins et on a un sentiment d’appartenance pour la montagne. Ce qui est le plus beau de ces gens-là, autant ceux d’aujourd’hui que les anciens, c’est qu’ils sont prêts à faire des heures de fou et grâce à eux, ça permet au Mont Édouard de garder un prix bas », a expliqué le chef de patrouille, Pierre-Luc Larouche.

Les couleurs vintages étaient à l'honneur pour souligner l'implication des anciens patrouilleurs.

Comme l'activité leur était aussi consacrée, une vingtaine d’anciens patrouilleurs se sont déplacés pour la journée, même si aucune publicité n’avait été faite afin de limiter les risques de rassemblements. « Ils étaient heureux et contents de voir qu’on reconnaît leur travail. Des fois, on fait des petits cas, mais des fois, on vit des sauvetages très intenses avec un autre patrouilleur et ça te marque à vie. Dans l’armée, ce sont des frères d’armes à jamais. Nous, on est des frères de secourisme », lance M. Larouche à la blague, mais avec un gros fond de vérité.

La thématique a d’ailleurs attiré les regards des skieurs et leur générosité a suivi. « On vendait des Buff “vintage” pour l’occasion et les gens ont embarqué. On a vendu 700 hot-dogs, 200 de plus que prévus. C’était vraiment une journée formidable et ça me donne le goût de refaire ça à plus grande échelle dans le futur. Imagine, chaque premier samedi du mois d’avril on invite les anciens patrouilleurs à skier gratuitement et tout le monde est invité à s’habiller “vintage”. L’année prochaine, on va pouvoir y aller encore plus gros », a fait savoir M. Larouche.

Le président régional de la Patrouille canadienne de ski, Maxime Rouleau, le chef de patrouille, Pierre-Luc Larouche, et le vétéran patrouilleur Alain «Timé» Germain.

27 ans de patrouille

En 1993, Alain « Timé » Germain s’est laissé influencé par son frère Claude. Il était l’un des bénévoles présents qui profitaient de celle belle journée. « Ça faisait déjà quelques années qu’il était dans la patrouille et quand le Mont Édouard a ouvert en 90, il est venu ici. C’est lui qui m’a encouragé à devenir patrouilleur. Il me racontait à quel point c’était plaisant. J’ai décidé d’embarquer et j’ai aimé ça dès le départ. Les gens sont gentils, tout le monde a du plaisir. Je n’ai pas arrêté depuis parce que j’aime la montagne et j’aime ce que je fais », a raconté l’homme de 60 ans.

Depuis, il n’a pris qu’une seule année à ne pas faire de patrouille pour des raisons familiales. En près de 30 ans de patrouille, il a contribué à plusieurs compétitions régionales, provinciales et nationales. Il a vu beaucoup de changement à travers le temps. « Les jeunes arrivent avec de nouvelles idées qui rendent la patrouille encore plus intéressante. La mentalité de la montagne a changé. Dans les années 90, c’était des pentes damées et tu ne pouvais pas sortir de ça. Aujourd’hui, il y a les pentes à bosse, les sous-bois et tout plein de choses. »

Alain «Timé» Germain a commencé la patrouille en 1993.

Pour Pierre-Luc Larouche, son bassin de bénévoles est un vrai bassin de personnalités attachantes et de bonnes personnes. « C’est un berceau, un nid incroyable de compétences diverses et ça donne des résultats incroyables. On est maintenant 45 et je veux monter à 50 l’an prochain pour alléger la tâche de tout le monde et offrir le même service. Avant, c’était un peu plus difficile d’attirer des bénévoles, mais maintenant, les gens le font pour leur amour de la montagne. J’ai même une liste d’attente », a conclu Pierre-Luc Larouche qui est enseignant en adaptation scolaire et qui prend un plaisir fou à rendre une passion attirante alors qu’il est habitué de la faire avec les mathématiques.

En 2020, la région devait être l’hôte du rassemblement provincial annuel des patrouilleurs, mais l’événement avait dû être annulé. La situation a forcé le même résultat pour 2021, mais tous s’accordent pour dire que 2022 sera la bonne année pour revoir leurs comparses des autres régions.

« On voit du monde qu’on jase une fois par année, on rencontre du nouveau monde et on découvre des montagnes. C’est tout le temps un événement plaisant », s’est remémoré « Timé ».