Le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin.

Potvin veut y voir plus clair

Le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, demande ni plus ni moins qu'un moratoire sur l'intégration des aires protégées dans les calculs de la possibilité forestière. Cela permettra d'avoir un tableau clair de tous les éléments qui influenceront les volumes de bois disponibles pour les usines de transformation de la région à court, moyen et long terme.
Au cours d'une entrevue qu'il accordait au Quotidien hier, le maire de Saint-Félicien, qui occupe aussi le poste de vice-président de la CRÉ, a insisté pour parler au nom de sa municipalité qui risque beaucoup dans une éventuelle réduction de la possibilité forestière. La ville de Saint-Félicien a toujours une scierie en opération et une usine de pâte Kraft qui constituent un moteur économique majeur.
« Il n'est pas question pour nous d'accepter de subir des pressions additionnelles avec la possibilité forestière. Il y a encore trop de choses qui ne sont pas complétées pour nous avancer de la sorte », a insisté le maire, qui a appris seulement hier matin que la CRÉ avait demandé au forestier en chef d'intégrer dans ses calculs les aires protégées candidates qui font l'objet d'une consultation jusqu'à vendredi.
Questionné sur le fonctionnement de la CRÉ relativement à la demande qui a été logée au forestier en chef pour intégrer les aires protégées dans ses calculs de possibilité forestière, le maire de Saint-Félicien assure ne jamais avoir vu passer de résolution en ce sens. Il n'est donc pas en mesure pour le moment de répondre à cette question, mais entend bien aller au fond des choses lors du prochain exécutif.
« L'important est d'obtenir un moratoire pour faire bloquer tout ce processus. Le gouvernement du Québec a mis en place des chantiers dont l'un étudie toute la question de la possibilité forestière. Il va y avoir également des mesures pour le caribou. On doit absolument attendre d'avoir un portrait définitif avant de faire un pas de plus », insiste Gilles Potvin, qui ne croit pas une seule minute qu'il sera possible de récupérer une seule bûche une fois que le forestier en chef aura soustrait de la possibilité 300 000 mètres cubes de bois.
En ce qui concerne la commande passée au forestier en chef, Gilles Potvin juge qu'il sera possible de faire marche arrière en soumettant la question à une assemblée générale de la CRÉ. Il est même disposé à demander au caucus régional des députés de prendre position. Le forestier en chef, selon ce qu'il a été possible d'apprendre auprès de sa prote-parole, met la touche finale aux calculs de la possibilité et doit remettre les chiffres à la ministre Martine Ouellet au cours des prochaines semaines.
Même si Gilles Potvin stipule qu'il parle strictement au nom de sa municipalité, il a indiqué au Quotidien que son intention était de convaincre la MRC Domaine-du-Roy et d'autres maires d'appuyer sa demande de moratoire pour tout ce qui concerne le volet du forestier en chef et une éventuelle réduction de 300 000 mètres cubes de la possibilité forestière.
Cette position ne risque pas d'apaiser les tensions à la CRÉ puisqu'elle implique de changer la stratégie du directeur général Marc Dubé. Elle va aussi à l'encontre de la position de la direction générale des opérations du ministère des Ressources naturelles qui a également fait la demande au forestier en chef d'intégrer les calculs des aires protégées candidates à la possibilité forestière.
Jusqu'à maintenant, personne n'a encore été en mesure d'expliquer au Quotidien qui avait autorisé cette direction à agir de la sorte, au risque de priver l'industrie régionale de 300 000 mètres cubes additionnels de bois dans la possibilité forestière 2014-2018.