Possible présence d’algues bleu-vert dans le lac Ha! Ha!

La température chaude des derniers jours semble favoriser le développement d’algues bleu-vert, aussi appelées cyanobactéries, dans le lac Ha! Ha!, à Ferland-et-Boilleau.

Mercredi dernier, des villégiateurs ont observé des changements dans certains secteurs du lac alors que l’eau est devenue bleue turquoise pendant quelques heures, le temps d’une éclosion d’algues, rapporte Joelle Gagnon, conseillère municipale de Ferland-et-Boilleau, qui a publié quelques photographies sur sa page Facebook personnelle. Les photos provenaient de ses concitoyens.

En entrevue, Mme Gagnon affirme qu’elle n’a pas vu elle-même l’apparence du lac, mais explique avoir senti une odeur de pourriture ainsi que la présence de quelques truites mortes flottant à la surface lorsqu’elle s’est rendue sur place.

« L’eau turquoise a été présente quelques heures seulement. C’est apparu dans des secteurs où l’eau est moins présente et où il y a moins de courant », affirme-t-elle. Elle ajoute que le ministère de l’Environnement a été informé de la situation et que des prélèvements d’eau ont été effectués pour analyse.

Du côté de la municipalité, le directeur général, Réal Lavoie, confirme qu’un événement s’est produit cette journée-là, mais qu’il n’y a eu aucune confirmation que la pollution provient de la présence d’algues bleu-vert. « On est en attente de savoir ce qui s’est passé. C’est le mystère pour le moment, mais on a agi comme s’il s’agissait de cyanobactéries par précaution. On a procédé à la fermeture des plages et interdit la baignade et la consommation d’eau. La situation est revenue à la normale », indique-t-il.

M. Lavoie affirme que la présence d’eau turquoise dans le lac Ha! Ha! est un phénomène très rare qui préoccupe les élus municipaux. Il émet l’hypothèse que la décision des autorités publiques d’abaisser le niveau du lac Ha! Ha!, après le déluge de 1996, contribue à réchauffer plus rapidement le plan d’eau peu profond qui constitue également un réservoir.

C’est pourquoi le conseil municipal avait adopté un code d’éthique pour le développement d’activités en zone riveraine favorisant d’abord la baignade, la voile et la planche à voile, la pêche, le canot et autres activités nautiques sans moteur.

Les motomarines, moteurs à deux temps, la réduction de vitesse à 100 mètres de la zone riveraine, entre autres, constituent des comportements à favoriser.

Joelle Gagnon a mentionné que des fosses septiques en bon état, la sauvegarde d’une bande végétale riveraine et l’élimination de l’utilisation de phosphore, engrais et produits chimiques constituent d’autres moyens pour préserver la qualité de l’eau du lac et éviter sa contamination par les algues. « Heureusement, ce n’est pas un phénomène irréversible. Il est important que les gens se conscientisent puisque le lac Ha! Ha! est un merveilleux site », conclut-elle.

À la direction régionale du ministère de l’Environnement, la porte-parole, Sophie Gauthier, n’a pas été en mesure de commenter les analyses présumément effectuées.