Le directeur général de l’Administration portuaire de Saguenay, Carl Laberge.

Port Saguenay en désaccord avec Pêches et Océans Canada

L’Administration portuaire de Saguenay estime que la hausse du nombre de navires sur le Saguenay avec la concrétisation des projets de terminaux maritimes additionnels sur la rive nord et à Grande-Anse, pour Arianne Phosphate et GNL, se situerait à 220 navires, tandis que Pêches et Océans Canada calcule plutôt 300 navires additionnels.

Le Quotidien a tenté de savoir d’où venait l’information rapportée par La Presse canadienne voulant que le nombre de transits de navires passerait de « 450 à 1300 selon Pêches et Océans Canada ». Un navire équivaut à deux transits, soit l’aller et le retour.

Or, ce nombre comprend aussi un accroissement du trafic aux quais existants de Grande-Anse et de Bagotville. 

« La présence de ces deux terminaux (NDLR : rive nord et GNL) augmenterait le volume du trafic maritime sur le Saguenay par 300 navires, faisant passer le trafic maritime sur le fjord du Saguenay de 225 navires par année en 2016 à 525 par année une fois ces ports en opération. L’accroissement du trafic prévu au quai de Grande-Anse et au quai de Bagotville pour 2030 ajouterait 110 autres navires. Le total de 635 navires ou 1270 transits par année, correspond à un accroissement par un facteur de 2,8 du nombre de navires sillonnant le Saguenay », peut-on lire dans une publication scientifique nommée Réponse des sciences 2018/025. 

Cette information a été transmise par courriel par Sylvi Racine, de la Direction régionale des communications de Pêches et Océans Canada.

Dans une réponse acheminée au courrier des lecteurs du Quotidien du 12 février, le directeur général de l’Administration portuaire de Saguenay, Carl Laberge, détaillait ainsi les prévisions. 

« Le trafic maritime actuel sur le Saguenay est d’environ 230 à 250 navires par an. Les projets mentionnés, soit Énergie Saguenay (160/an), Métaux Blackrock (25/an) et Arianne Phosphate (60/an) viendraient donc ajouter, s’ils se concrétisent tous, environ 245 navires par an, soit l’équivalent du trafic actuel », avait-il écrit. 

Il avait aussi ajouté qu’une entente entre Arianne Phosphate et Rio Tinto permettrait de réduire ce nombre, car le projet minier utiliserait les bateaux qui repartent vides après avoir déchargé leur cargaison de bauxite. C’est ce qu’il a aussi confirmé lors d’un entretien téléphonique mardi après-midi.

Les chiffres sont aussi en lien avec ceux contenus dans une étude de WSP déposée en 2017 sur l’impact sur les bélugas, commandée par Port de Saguenay. Il était indiqué que le nombre passerait de 220 à 650 navires. 

« Pêches et Océans Canada nous avait dit de tout prendre ce qu’il y avait sur le radar », a dit Carl Laberge, en spécifiant qu’ils avaient notamment calculé un accroissement de la part de Rio Tinto avec les projets AP60 et Alma 2.

Une sortie « normale » du ministre

Pour ce qui est de la sortie du ministre de l’Environnement, Benoit Charette, qui a affirmé que les projets d’usine de liquéfaction de gaz naturel et de gazoduc pourraient être refusés au terme de l’évaluation environnementale, autant Carl Laberge que GNL Québec disaient comprendre sa déclaration.

« On n’est pas étonnés de cette sortie-là aujourd’hui, et c’est normal que le ministre se positionne de cette façon à ce stade-ci du projet, et on le comprend. Notre étude d’impact vient juste d’être déposée. Elle va passer à travers un processus d’évaluation environnementale qu’on connaît, qui est rigoureux. C’est ce qu’on souhaite par ailleurs, une étude rigoureuse et crédible de ce projet-là et en ce sens-là on comprend le positionnement du ministre Charette », a réagi Stéphanie Fortin, directrice des communications et des relations avec la communauté chez GNL Québec.

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PRÈS DE 8000 NOMS SUR LA PÉTITION

(Denis Villeneuve) – Le rejet possible des projets d’usine de liquéfaction du gaz naturel et de gazoduc, évoqué mardi par le ministre de l’Environnement Benoit Charette, pourrait lui valoir une copie de la pétition de près de 8000 noms de citoyens du Saguenay qui souhaitent voir les investissements se concrétiser. 

À l’occasion de la séance régulière du conseil de la MRC du Fjord-du-Saguenay, le citoyen et instigateur de la pétition d’appui aux grands projets Arianne Phosphate, GNL Québec, MétauxBlackRock et Micoua-Saguenay, Pierre Charbonneau, s’est présenté à la période de questions du public pour dénoncer la sortie publique du ministre qui a évoqué la possibilité de rejeter les projets s’ils ne respectent les critères de protection de l’environnement et de l’acceptabilité sociale. « Le ministre de l’Environnement est sorti sur un ton gonflé et brave sans doute pour plaire à la clientèle des environnementalistes et à tout le monde », a-t-il mentionné.

Il a ajouté que dans le débat actuel, les médias accordent beaucoup de place aux discours des environnementalistes tandis que les citoyens en accord avec les projets en gestation font moins parler d’eux, ce qui crée, selon lui, des distorsions.

Le point de vue du citoyen a été partagé par certains maires, dont Laurent Thibault, de Sainte-Rose-du-Nord, qui a mentionné que depuis quatre mois, les séances du conseil de l’endroit se terminent de façon houleuse en raison de la présence de citoyens opposés. M. Thibault a mentionné avoir participé à une rencontre organisée par la Coalition Fjord où 10 personnes se sont présentées. « Le mouvement que vous menez est précieux. Les opposants prennent toutes les plateformes pour se faire entendre et affirment des choses aberrantes. Je vous dis bravo », a déclaré M. Thibault.

Le maire de Saint-Honoré, Bruno Tremblay, a appuyé les propos de M. Thibault tout en invitant M. Charbonneau à livrer une copie de la pétition à la ministre Andrée Laforest et au député de Dubuc, François Tremblay.

M. Charbonneau a profité de l’occasion pour mentionner que la pétition a atteint les 7127 signatures depuis le 6 février dernier et qu’il s’attend de friser les 8000 noms d’ici deux semaines.

Coupes forestières et TNO

Même si l’item apparaissait à l’ordre du jour et qu’il a été retiré, les coupes forestières prévues au sud du lac Kénogami ont été l’occasion pour le maire Gilbert Simard, de Saint-Fulgence, de s’insurger à titre de président du Parc régional du lac Kénogami. Carte du territoire de coupe en mains, M. Simard s’est insurgé contre le fait que le ministère des Forêts laisse les compagnies forestières couper le bois près du sentier pédestre Laterrière-Hébertville le long de la rivière Pikauba. M. Simard a mentionné que le conseil venait de voter une allocation de 23 000 $ pour améliorer le sentier et qu’il ne faudrait pas laisser la machinerie détériorer le sentier à deux endroits pour aller chercher un petit volume de 6000 mètres cubes de bois juste en face. « On a beau nous dire que le terrain sera remis en état, le mal va être fait » a déclaré M. Simard.

Les élus ont voté une aide financière de 607 755 $ applicable aux territoires non organisés. Une enveloppe de 488 780 $ est réservée au développement et au maintien des acquis tandis que 69 940 $ est réservé à la gestion des déchets. Le reste, 49 035 $, est réservé pour des situations particulières et des mesures d’urgence.