L’image du pont d’Hardanger, en Norvège, est souvent utilisée par les défenseurs d’un pont entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine, puisqu’il surplombe également un fjord.

Pont sur le Saguenay et chemin de fer à Dolbeau: une firme chinoise se manifeste

Le projet de construction d’un nouveau pont reliant les deux rives du Saguenay, entre Tadoussac et Baie-Saint-Catherine, semble intéresser une grande société d’ingénierie chinoise qui s’est inscrite au Registre des lobbyistes du Québec au cours des dernières semaines.

Depuis le 8 août, la firme Sichuan Chuankang Wubang Engineering Design, basée dans la ville de Chengdu dans la province du Sichuan, s’est inscrite au registre via le lobbyiste Bernard Lapointe, de la firme Gestion Baltrust ayant pignon sur la rue Sherbrooke, à Montréal. Le mandat de ce dernier sera d’effectuer des approches auprès du ministère des Transports du Québec (MTQ) dans le but d’obtenir un contrat de construction d’un pont sur le fjord du Saguenay destiné à relier la Côte-Nord au reste de la province.

Un second mandat apparaît au dossier, cette fois pour l’obtention d’un contrat de construction d’un chemin de fer entre Baie-Comeau et Dolbeau, avec pour objectif de répondre aux besoins économiques de ce secteur. La ville de Baie-Comeau est ciblée pour la pratique du lobbyisme sous forme de rencontres et de communications écrites, téléphoniques ou par entrevue.

Joint par Le Quotidien, M. Lapointe a mentionné qu’il n’était pas autorisé à parler aux médias en raison d’une entente de confidentialité qui le lie à la société chinoise. Du côté de la société Innovation et Développement Manicouagan (IDM), personne n’était en mesure de discuter du dossier.

En mars dernier, Guy Simard, directeur développement industriel d’IDM, faisait part de son intention d’entreprendre des études environnementales et de faisabilité dans le cadre du projet QcRail visant à construire un tronçon de chemin de fer de 370 kilomètres entre Dolbeau et le parc industriel de Baie-Comeau, pour une somme de 1,5 milliard $. L’objectif est de relier par chemin de fer la ville de Winnipeg au port en eau profonde de Baie-Comeau en prévision d’une augmentation potentielle des livraisons de différentes marchandises vers l’Europe découlant de l’entente de libre-échange signée avec le Vieux Continent.

L’aménagement d’un tel tronçon de chemin de fer permettrait de réduire l’utilisation des bateaux qui transportent des marchandises provenant de l’Ouest canadien via les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent, ce qui représenterait une économie de temps, avait évoqué M. Simard.

Interrogé sur l’état de la situation de ces projets, Marcel Furlong, préfet de la MRC de Manicouagan, a exprimé le vœu que les deux projets avancent. Il a mentionné que dans le cas du pont, la Société du pont de Tadoussac a demandé au bureau de projet de ralentir les études d’opportunité qui devaient être réalisées, le temps que certaines vérifications soient effectuées. « J’entends écrire d’ici la fin de semaine au premier ministre Legault pour avoir sa position sur la construction du pont sur le Saguenay », a déclaré le préfet.