Véronique Hivon était jusqu'à présent favorite pour remplacer Jean-François Lisée, qui a démissionné en octobre dernier à la suite de sa cuisante défaite électorale.

Véronique Hivon ne sera pas de la course à la direction du PQ

La députée Véronique Hivon a annoncé mardi qu'elle ne se présentera pas à la direction du Parti québécois (PQ). Elle demeure toutefois députée de Joliette.

La politicienne d'expérience, reconnue pour ses qualités humaines, était jusqu'à présent favorite pour remplacer Jean-François Lisée, qui a démissionné en octobre dernier à la suite de sa cuisante défaite électorale.

Le PQ ne détient aujourd'hui que neuf des 125 sièges à l'Assemblée nationale. Il forme le troisième groupe d'opposition, derrière le Parti libéral du Québec (PLQ) et Québec solidaire (QS).

«Je vis le moment où ma famille a le plus besoin de moi depuis que je suis en politique et où j'ai le plus besoin d'être là pour elle», a expliqué Mme Hivon sur son compte Facebook.

Pour cette raison, elle ne peut envisager de briguer la direction du PQ et de relever ces deux «niveaux de défis d'intensité supérieure», à la fois personnels et politiques.

«C'est évidemment une grosse décision, mais les conditions n'étant tout simplement pas réunies pour que je puisse me lancer en ce moment, c'est une décision qui s'est imposée clairement et qui est la seule que je peux prendre en toute sérénité», a-t-elle ajouté.

Véronique Hivon affirme qu'elle aura un pincement au coeur lorsque la course prendra officiellement son envol, car mener le PQ sur la voie du renouveau et de la reconnexion avec la population s'annonce un défi «énorme, mais extraordinaire».


« Je vis le moment où ma famille a le plus besoin de moi depuis que je suis en politique et où j'ai le plus besoin d'être là pour elle »
Véronique Hivon

Elle ne veut pas donner l'impression que la conciliation famille-politique est impossible; au contraire, celle qui est devenue, en 2008, députée et mère à 10 jours d'intervalle, puis ministre, candidate à la chefferie et vice-cheffe estime qu'il est possible de conjuguer ces deux responsabilités.

C'est par souci de clarté et de transparence qu'elle a communiqué sa décision mardi, même si la course à la chefferie du PQ n'aura pas lieu avant 2020, reconnaît-elle.

«Cela m'apparaît d'autant plus important que je siège sur un comité de travail [...] ainsi que sur le conseil exécutif national du Parti, dont les réunions reprennent au cours des prochains jours. En faisant part de ma décision aujourd'hui, les positions et propositions que je défendrai à ces instances ne pourront aucunement être interprétées comme celles à la base du positionnement d'une potentielle candidate à la chefferie, mais bien comme celles d'une militante et d'une députée», écrit-elle.

«Notre collègue @VHivon a terminé sa réflexion et a pris une décision difficile, motivée par des motifs familiaux. Nous comprenons sa décision. Nous pouvons toutefois continuer de compter sur elle dans notre caucus et au @PartiQuebecois pour la suite. On continue!» a réagi sur les réseaux sociaux le chef intérimaire du PQ, Pascal Bérubé.

Peu d'enthousiasme

Pour le reste, la course à la chefferie du PQ suscite peu d'enthousiasme. Seul Sylvain Gaudreault, qui représente Jonquière et est porte-parole en matière d'environnement, est pressenti pour se lancer éventuellement dans la course.

Selon Véronique Hivon, il est normal de ne voir personne lever la main, surtout que le parti a entrepris un plan de transformation, qui culminera dans un congrès extraordinaire en novembre.

«On a fait le choix du "quoi" avant le "qui". Je trouve que c'est le meilleur choix qu'on pouvait faire, et je pense que les personnes qui peuvent continuer à avoir de l'intérêt vont vouloir très certainement que l'on vive l'étape du congrès extraordinaire et du "quoi" avant de signifier leur intention dans le détail», a-t-elle déclaré mardi, en point de presse à Québec.

«Trop souvent dans le passé, on s'est lancé dans des courses à la chefferie, on a cherché des sauveurs, [...] et en prenant la personne, on prenait les idées de la personne. Ça arrive que la personne, tu l'aimes pour sa manière d'être, son charisme, sa possibilité de rassembler, mais ses idées, tu n'es pas certain que c'est ce que le parti devrait mettre de l'avant. Il y a toujours eu cette confusion et là je pense qu'on a une chance de faire une partie de nos idées, de notre socle commun ensemble du bas vers le haut et après de voir qui peut être la bonne personne pour porter ça.»