Le premier ministre Philippe Couillard devra trancher entre la candidature de Pierre Giguère ou Julie Boulet dans le nouveau comté de Laviolette-Saint-Maurice.

Une lutte à finir en 2018

Shawinigan — Si l’intérêt des batailles électorales à venir dans la région lors du prochain scrutin provincial reste inconnu, l’action ne manquera pas du côté du Parti libéral du Québec alors que la ministre Julie Boulet et le député Pierre Giguère convoitent le même nouveau comté de Laviolette-Saint-Maurice.

«Moi, je ne ferai pas d’investiture, je l’ai déjà dit, le parti va se pencher en début d’année», a confié l’actuelle députée de Laviolette. «Ce n’est vraiment pas elle qui décide. J’ai rencontré le chef au mois d’avril. M. Couillard m’a bien dit qu’il n’y aurait pas d’investiture. Ça ne vient pas de Julie Boulet», a rétorqué son collègue libéral de Saint-Maurice, Pierre Giguère.

En attendant que son chef tranche la question, celui-ci s’active sur le terrain. «Je fais des démarches en conséquence. Je ne suis pas assis dans ma chaise à me tourner les pouces. Il y a une game qui se joue à Québec. Ici dans le comté, il y a un comité d’organisateurs politiques qui se sont mis en place il y a quelques semaines pour que je me présente», a-t-il expliqué au Nouvelliste.

Non seulement il n’est pas question pour lui d’aller à la CAQ, mais Pierre Giguère n’entend pas accepter une nomination quelconque en retour d’un désistement de sa part. «J’adore faire de la politique et je n’irai pas ramasser un nanane ailleurs. Ça ne m’intéresse pas du tout. Je veux représenter les gens de Laviolette-Saint-Maurice, point à la ligne. Pas question d’aller ailleurs», affirme-t-il catégoriquement.

Selon lui, le parti devrait consulter les militants d’une manière quelconque. «Ça devrait, mais je ne sais pas de quelle manière. Il faut qu’ils sachent un petit peu ce qui se passe sur le terrain. C’est bien beau dans le bureau où tu entends dire bien des choses, où ceux qui parlent le plus fort ou qui cognent du talon le plus fort se font entendre. Mais ce n’est pas la réalité du terrain. Et moi je ne cogne pas fort du talon», admet-il tout en ajoutant qu’il peut mettre son poing sur la table.

À son avis, ce dossier est «extrêmement délicat» pour la Mauricie. «La Mauricie, ça va être un enjeu national, avec deux partis, surtout la CAQ et nous autres. Je vais être là», martèle M. Giguère.

Celui-ci semble visiblement soulagé de ne perdre que Saint-Mathieu et Saint-Boniface dans la réforme électorale alors qu’il voit Julie Boulet échapper Mékinac, «là où elle va chercher sa grosse majorité». «Les organismes communautaires sont tous basés au centre-ville, c’est moi qui les supporte financièrement», fait-il remarquer.

Les deux élus libéraux sont engagés dans un bras de fer depuis que le Directeur général des élections a annoncé une réforme électorale qui amputera la Mauricie de la circonscription de Saint-Maurice. La nouvelle carte prévoit la fusion des sièges de Laviolette, détenu par Mme Boulet, et Saint-Maurice, occupé par M. Giguère.

Le territoire faisant présentement partie de cette circonscription se retrouvera dans celles de Maskinongé, Champlain et Laviolette. Cette dernière portera le nom Laviolette-Saint-Maurice après les prochaines élections. Ce redécoupage entraînera également le déplacement des localités de Saint-Tite, Hérouxville, Saint-Séverin, Saint-Adelphe, Sainte-Thècle, Lac-aux-Sables et Notre-Dame-de-Montauban dans la circonscription de Champlain. Saint-Boniface et Saint-Mathieu-du-Parc se retrouveront quant à elles dans Maskinongé, tandis que la totalité du territoire de Shawinigan fera partie de la nouvelle circonscription Laviolette-Saint-Maurice.

Notons que Notre-Dame-du-Mont-Carmel ainsi que le secteur Saint-Louis-de-France devaient faire partie de la circonscription de Trois-Rivières selon le redécoupage initial. Mais la forte résistance sur le projet a porté ses fruits sur ces points. Notre-Dame-du-Mont-Carmel restera donc finalement dans Laviolette-Saint-Maurice et le secteur Saint-Louis-de-France dans Champlain.