Dans son premier budget en juin 2014, Carlos Leitão avait annoncé que les parents paieraient 7,30 $ par jour pour leurs enfants fréquentant les centres de la petite enfance, les garderies privées subventionnées et les services de garde scolaires. Quelque temps plus tard, il optait plutôt pour une «modulation» des tarifs.

Un régime sec, un pogo et des baisses d’impôt

L’État québécois est passé au régime sec du jour au lendemain le 24 avril 2014, peu après l’élection du gouvernement de Philippe Couillard. Depuis quelques mois, ce sont des centaines de millions de dollars qui sont distribués. Retour sur des montagnes russes budgétaires.

En avril 2014, le nouveau gouvernement Couillard a soudainement imposé un gel de l’embauche dans la fonction publique. «Le moment de prendre des décisions difficiles est venu», avait déclaré le premier ministre.

M. Couillard avait dénoncé un «emballement» des dépenses durant les derniers mois du gouvernement de Pauline Marois — ce qui lui est reproché à lui depuis quelque temps.

Son gouvernement a lancé une première ronde de compressions avant même la présentation du tout premier budget de Carlos Leitão. Les ministères, les organismes, les réseaux de la santé et de l’éducation, ainsi que les sociétés d’État devaient réaliser «des gains de productivité» représentant 2 % de leur masse salariale et réduire de 3 % leurs dépenses de fonctionnement.

Lors de la présentation du budget 2014-2015, en juin 2014, le président du Conseil du trésor d’alors, Martin Coiteux, avait lancé un appel à un «effort national».

L’opération de resserrement budgétaire était sans précédent. Le ministère de la Santé et des Services sociaux avait reçu l’ordre de contenir la croissance de ses coûts à 3 %, alors qu’elle était de 5,8 % l’année précédente.

Services de garde

Dans son premier budget, Carlos Leitão avait annoncé que les parents paieraient 7,30 $ par jour pour leurs enfants fréquentant les centres de la petite enfance, les garderies privées subventionnées et les services de garde scolaires.

Quelque temps plus tard, il optait plutôt pour une «modulation» des tarifs.

Tour de vis, coups de rabot, coup de frein, budget à l’essoreuse… Les mots et les expressions ont fusé pour décrire l’entreprise gouvernementale d’austérité ou de rigueur — selon que l’on choisisse le mot employé par les partis d’opposition ou celui du gouvernement.

Un premier réinvestissement

Dès la Mise à jour budgétaire de novembre 2015, le gouvernement a cherché à faire valoir aux Québécois que le Québec était en train de passer d’une période de restrictions budgétaires à une autre de réinvestissements.

Il a annoncé un premier «investissement additionnel annuel» de… 80 millions $ dans le secteur de l’éducation.

L’«austérité» frappe encore de plein fouet, avait soutenu le péquiste Nicolas Marceau. «Les libéraux sont en train de tout briser pour pouvoir financer leur stratégie électorale de 2018.»

Le message était aussi dur à la Coalition avenir Québec, où le député François Bonnardel estimait que l’équilibre budgétaire s’effectuait «sur le dos des contribuables».

D’autres réinvestissements

En novembre 2016, de premiers gros réinvestissements sont apparus en santé et en éducation — encore là, lors d’un exercice de mise à jour économique.

Ils sont devenus plus importants lors du budget de mars 2017, celui lors duquel la solidaire Manon Massé a lancé une sentence ayant fait un certain bruit médiatique : «Ça prend pas le pogo le plus dégelé de la boîte pour comprendre qu’après avoir mis le feu dans la bâtisse, ce n’est pas un coup de peinture et des nouveaux rideaux qui vont changer les choses.»

Depuis 2016, le gouvernement a rouvert ses goussets jusqu’à aller de plus en plus loin dans les allègements fiscaux.

«1000 $» par famille

Le 21 novembre dernier, Québec a fait l’addition des allègements accordés lors de son budget de mars 2017 et de ceux octroyés ce jour-là pour être en mesure d’annoncer une baisse du fardeau fiscal de plus de 1000 $ annuellement par famille. Pour une famille où chaque conjoint gagne 44 500 $, faut-il préciser, car en deçà d’un revenu familial de 89 000 $, le gain n’est pas aussi élevé.

C’est dans cet énoncé économique de novembre que le ministre des Finances a annoncé l’envoi d’un chèque de 100 $ par enfant pour les fournitures scolaires, ainsi que la réduction du premier palier d’imposition de 16 % à 15 %.