«On n’oblige aucun service de garde à fermer. On leur demande seulement d’avoir un permis», explique le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

Un permis bientôt nécessaire pour les garderies privées en milieu familial

Visées par de nombreuses plaintes, les garderies privées en milieu familial devront montrer patte blanche. Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, dit faire le choix «de la sécurité des enfants» en leur imposant bientôt un permis.

«Vous savez, au Québec, ça prend un permis pour vendre de la crème glacée. Pourquoi est-ce qu’on permet à des gens d’opérer sans permis pour garder nos enfants?» a lancé le ministre Lacombe en mêlée de presse mardi.

D’ici «quelques semaines», le ministre dévoilera en détails la solution qu’il aura retenue pour serrer la vis à ces garderies en milieu familial non régies. Un changement à la loi ou des contraintes administratives sont envisagées.

«On a un fichu problème de qualité et de sécurité» dans ces services de garde, croit M. Lacombe.

Il réagissait aux informations que La Presse a révélées mardi, comme quoi le nombre de plaintes contre les garderies privées en milieu familial a explosé. En 2018-2019, un millier de plaintes ont été retenues par le ministère de la Famille en lien avec ce type de garderies, soit presque trois fois plus qu’un an auparavant.

Le ministre Lacombe déplore que ces garderies privées en milieu familial passent totalement sous le radar du ministère de la Famille. «On n’a pas de moyens d’aller vérifier de façon proactive si les enfants sont en sécurité.»

Travaillant sur ce dossier depuis plusieurs mois, le ministre promet des changements concrets. «Ce sera musclé.»

M. Lacombe explique que son ministère a 10 000 places subventionnées en milieu familial à offrir, qui ne trouvent pas preneur étant donné la rareté des éducatrices qui veulent les obtenir. «J’invite les éducatrices qui sont dans le milieu non régi, qui n’ont pas de permis, à joindre le réseau régi. On a des places subventionnées et on a un cadre plus sécuritaire», lance-t-il.

Abolir le modèle?

Le ministre envisage même d’abolir pour de bon le modèle des garderies en milieu familial non régies.

«Le choix que je fais, c’est de miser sur la sécurité et de m’assurer comme ministre que tous les enfants sont en sécurité. On n’oblige aucun service de garde à fermer. On leur demande seulement d’avoir un permis. Je pense qu’on est capables.»

La députée du Parti québécois Véronique Hivon trouve pour sa part que le gouvernement réagit très tard, alors que le ministre est au courant des plaintes depuis des mois. «C’est une situation qui est très, très grave.»

Mme Hivon déplore que le gouvernement de la Coalition avenir Québec se soit entêté l’an dernier à ne pas encadrer davantage ces garderies en milieu familial non régies, lors de l’étude du projet de loi 143.

«Ils ont refusé tout encadrement. Aujourd’hui, on voit les résultats. Ils partagent une part de cette responsabilité-là, des mauvais services.»

À l’heure actuelle, les propriétaires de ces garderies privées en milieu familial peuvent accueillir un maximum de six enfants et doivent répondre à trois exigences : avoir une assurance responsabilité civile, suivre un cours de réanimation cardiorespiratoire et se plier à une vérification de leurs antécédents judiciaires.