Justin Trudeau s'est rendu à Dawson City au Yukon lors de la fête du Canada.

Trudeau se rendra en Lettonie avant le sommet de l'OTAN à Bruxelles

OTTAWA — Le premier ministre Justin Trudeau visitera les troupes canadiennes en Lettonie au début de la semaine prochaine, avant d'assister au sommet des dirigeants des pays de l'OTAN à Bruxelles, les 11 et 12 juillet.

Le cabinet du premier ministre indique mardi que cette visite sera l'occasion pour M. Trudeau de réaffirmer l'engagement du Canada à l'égard de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) «et de la sécurité euroatlantique».

Un groupe de combat multinational de l'OTAN, sous commandement canadien, a été créé en Lettonie, ancienne république soviétique, en réponse à l'annexion surprise de la Crimée par la Russie en 2014 et à son invasion de l'est de l'Ukraine. Le commandement canadien au sein du groupement tactique représente la plus importante présence militaire soutenue du Canada en Europe depuis plus d'une décennie, souligne le cabinet du premier ministre.

M. Trudeau rencontrera à Riga le premier ministre letton, Maris Kucinskis, et le président Raimonds Vejonis. Il visitera ensuite le «groupement tactique multinational de présence avancée renforcée de l'OTAN» en Lettonie, dirigé par le Canada.

Ce voyage officiel marquera la première visite bilatérale d'un premier ministre canadien en Lettonie, qui célèbre cette année son centenaire. M. Trudeau sera accompagné de la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, du ministre de la Défense, Harjit Sajjan, et du général Jonathan Vance, chef d'état-major de la Défense.

L'annonce de ce voyage officiel survient alors que le Canada et d'autres dirigeants de l'Alliance atlantique se préparent à un sommet de l'OTAN qui promet déjà des feux d'artifice, gracieuseté de Donald Trump. Le président américain a écrit aux dirigeants de plusieurs alliés de l'OTAN - dont l'Allemagne, la Belgique, la Norvège et le Canada - pour leur demander d'atteindre les objectifs budgétaires de l'Alliance en matière de défense.

Dans la lettre du 19 juin à M. Trudeau, le président Trump parle d'une «frustration croissante» aux États-Unis face aux alliés de l'OTAN, comme le Canada, qui n'ont pas augmenté leurs dépenses de défense comme promis. «Cette frustration ne se limite pas à l'exécutif (la Maison-Blanche) : le Congrès est également préoccupé», écrit M. Trump. «Les États-Unis sont de plus en plus réticents à ignorer l'échec de cette Alliance à relever des défis partagés de sécurité.»

Le fameux 2 % du PIB

Cette lettre a été transmise au moment où les tensions sont vives entre le Canada et les États-Unis, en raison du litige sur les tarifs américains imposés aux importations d'acier et d'aluminium, qui ont incité le Canada et des pays européens à imposer leurs propres tarifs sur des produits américains. Cette remontrance survient aussi à la suite de la clôture houleuse du sommet du G7 dans Charlevoix, lorsque M. Trump a qualifié le premier ministre canadien de «malhonnête et faible», et qu'il s'est retiré du dernier communiqué commun des dirigeants.

Le gouvernement libéral a promis l'an dernier d'augmenter les dépenses militaires de 70 % au cours des 10 prochaines années, mais le Canada n'atteint toujours pas l'objectif de l'OTAN de consacrer 2 % de son produit intérieur brut à la défense - les États-Unis y consacrent environ 4 %. M. Trump a menacé de quitter l'OTAN si les États membres ne respectent pas leurs promesses d'augmenter leurs contributions annuelles à l'Alliance atlantique.

La lettre envoyée par M. Trump à la chancelière allemande, Angela Merkel, était particulièrement directe, selon le New York Times. Dans une série de messages sur Twitter, le mois dernier, le président américain a visé spécifiquement la contribution de l'Allemagne à l'OTAN. Il se plaignait que les États-Unis «payent presque tous les coûts de l'OTAN - protégeant ainsi plusieurs de ces pays qui nous plument côté commerce».

M. Trump n'est pas le premier président américain, par ailleurs, à se plaindre des partenaires de l'OTAN qui ne respectent pas leurs engagements et qui dépendent trop lourdement des États-Unis en matière de défense.

Dans sa lettre au premier ministre Trudeau, M. Trump affirme qu'en n'atteignant pas l'objectif de 2 %, le Canada «valide d'autres alliés qui ne respectent pas leurs engagements».

«Je comprends les pressions politiques intérieures, car j'ai moi-même dépensé des avantages politiques considérables pour augmenter les budgets de défense des États-Unis», écrit-il. «Il deviendra cependant de plus en plus difficile d'expliquer aux citoyens américains pourquoi certains pays continuent de ne pas respecter nos accords de sécurité collective.»

Le cabinet du premier ministre a indiqué mardi que M. Trudeau avait hâte de rencontrer les dirigeants de l'OTAN la semaine prochaine pour discuter des moyens de renforcer la paix et la sécurité entre les pays. «Tout au long des discussions et des séances de travail du sommet, le premier ministre réitérera l'engagement du Canada à jouer un rôle actif dans l'Alliance, et un rôle fort et constructif dans le monde», a déclaré Eleanore Catenaro, attachée de presse de M. Trudeau.