Trudeau ferme la porte à la Davie

Pas question pour le gouvernement canadien de faire une place au Chantier Davie dans sa Stratégie nationale de construction navale.

De passage à Québec, le premier ministre Justin Trudeau a dit comprendre «les frustrations» des travailleurs et des fournisseurs du chantier naval situé à Lévis, mais il s’est montré très ferme. 

«On n’a pas besoin de l’Obelix […] C’est quelque chose qu’on dit très clairement depuis longtemps.» M. Trudeau a ainsi mis fin à tout espoir pour la Davie de construire ce navire ravitailleur pour la marine canadienne. 

Et si le chantier a été exclu de la Stratégie nationale, la faute revient aux conservateurs, accuse M. Trudeau. «Nous devons agir à l’intérieur du contrat qui nous a été laissé par Steven Blaney et par le gouvernement conservateur.» Ce contrat, M. Trudeau n’a pas l’intention de le «déchirer».

S’il reconnaît le «travail exceptionnel qui se fait à la Davie depuis quelques années», M. Trudeau ne veut pas changer les règles du jeu et transférer du travail au chantier lévisien, qui connaissait des difficultés lorsque la Stratégie a été signée. 

«On est en train de chercher de nouveaux contrats, de nouvelles façons d’appuyer les travailleurs de la Davie en livrant l’équipement dont le Canada a besoin», a-t-il soutenu, évoquant les besoins éventuels en brise-glaces de la garde côtière canadienne. 

Les travailleurs et les fournisseurs du chantier naval Davie étaient consternés à la sortie du discours de M. Trudeau. 

«Une gifle»

«C’est une gifle aux fournisseurs et c’est une gifle au plus grand chantier naval canadien», a lancé Pierre Drapeau, de l’Association des fournisseurs de Chantier Davie. 

Selon lui, M. Trudeau terminera son mandat avec «un bilan totalement nul» dans le domaine naval. M. Drapeau évalue à environ quinze le nombre de brise-glaces supplémentaires dont le Canada aurait besoin.