Justin Trudeau a été informé après les élections d’octobre que des systèmes et des logiciels cruciaux «sont en train de se détériorer et menacent de tomber en panne».
Justin Trudeau a été informé après les élections d’octobre que des systèmes et des logiciels cruciaux «sont en train de se détériorer et menacent de tomber en panne».

Trudeau a été mis en garde contre l’usure des systèmes informatiques

OTTAWA — Les systèmes informatiques du gouvernement fédéral, essentiels aux versements à l’ensemble des prestataires, sont en piètre condition et menacent de s’effondrer, selon une note de synthèse transmise au premier ministre Justin Trudeau.

M. Trudeau a été informé après les élections d’octobre que des systèmes et des logiciels cruciaux «sont en train de se détériorer et menacent de tomber en panne». Cette situation nécessite une attention immédiate du gouvernement, peut-on lire dans le document.

Certains systèmes sont en place depuis 60 ans et reposent sur des «techniques dépassées» qui ne peuvent être maintenues.

La Presse canadienne a obtenu ce document en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Une grande partie du texte a été caviardée.

On peut tout de même y lire que la fonction publique doit travailler sur des projets «pour stabiliser les systèmes cruciaux».

Les libéraux avaient promis, lors de la dernière campagne électorale, d’améliorer les services aux Canadiens.

Résoudre ces problèmes logistiques nécessite souvent des engagements de dépenses à long terme, mais cette mission n’est pas souvent considérée comme prioritaire par les politiciens, car elle peut être difficilement perceptible par les électeurs. Toutefois, les libéraux estiment que la satisfaction des citoyens à l’égard des services numériques est liée à la confiance qu’ils accordent aux gouvernements.

Nulle part ailleurs la question des systèmes désuets n’est plus prononcée qu’à Emploi et Développement social Canada, qui supervise les prestations liées à divers programmes sociaux comme l’assurance emploi, la Sécurité de la vieillesse et les allocations pour les enfants.

Des modifications aux programmes sociaux fédéraux

Le gouvernement a déjà apporté plusieurs changements aux programmes sociaux fédéraux, ce qui a nécessité de nombreuses modifications aux systèmes informatiques. La note remise à M. Trudeau laisse entendre que les systèmes vieillissants peuvent poser des obstacles aux autres changements promis par les libéraux.

«Les futurs changements afin de continuer à fournir aux Canadiens des programmes et des services auxquels ils s’attendent devront tenir compte des pressions exercées sur les anciens systèmes informatiques qui sont confrontés à leur obsolescence et menacent de s’effondrer, peut-on lire dans la note. Ces plates-formes vieillissantes ne répondent pas à l’interaction numérique souhaitée et ne sont pas capables d’une automatisation complète. Elles ne sont donc pas en mesure de réaliser des économies grâce aux fonctions de soutien.»

Par exemple, le système qui gère la Sécurité de la vieillesse est presque aussi vieux que ceux qui atteignent maintenant l’âge d’en bénéficier.

Un document distinct indique que les mises à niveau prennent plus de temps que prévu en raison des retards d’approvisionnement et de la complexité des projets.

Les pressions financières proviennent en partie de l’exigence de maintenir les moyens existants plus longtemps que prévu, ajoute-t-on.

Souvent, les fonctionnaires n’ont pas cherché à mettre à niveau ces anciens systèmes tant qu’ils ont continué à fonctionner, explique André Leduc, vice-président des relations et des politiques gouvernementales à l’Association des technologies de l’information du Canada. Selon lui, la majorité des budgets informatiques servent à maintenir les anciens systèmes en marche, laissant peu de marge de manoeuvre pour déployer de nouveaux moyens technologiques comme l’infonuagique.

«Ils ne pèsent pas encore sur le bouton de panique, car il n’y a pas encore de panique, souligne-t-il. Il y a beaucoup d’inquiétude, à la fois au sein de la bureaucratie, au sein de la couche politique et au sein de l’industrie, au sujet de la nécessité de faire avancer ce dossier. Nous devons aider le gouvernement à se transformer numériquement.»