Le chef du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, considère que le gouvernement Legault «se vante de faire des deals», malgré des difficultés à s’entendre avec le fédéral.

Tramway: Arcand craint une chicane entre les villes du Québec

Parce que la CAQ tarde à régler le financement du tramway à Québec, le chef du PLQ Pierre Arcand croit que le gouvernement met la table pour une chicane entre les différentes villes du Québec.

«Je ne comprends pas que ça prenne autant de temps pour régler ce dossier-là», a pesté M. Arcand à l’étude des crédits du gouvernement mercredi soir. Selon lui, le premier ministre François Legault manque à ses responsabilités et «manque de volonté politique» pour faire avancer le projet de transport structurant à Québec. «Est-ce que vous souhaitez que les villes du Québec se chicanent entre elles?» a-t-il demandé.

M. Legault a répliqué qu’il ne s’agit pas d’une chicane, tout en jetant la pierre au gouvernement libéral à Ottawa et à l’ancien gouvernement libéral à Québec, dirigé par Philippe Couillard. «Tout ce dossier-là a été mal attaché par l’ancien gouvernement libéral et là, on est pris avec le problème», a soutenu M. Legault. Le premier ministre croit que le gouvernement de Philippe Couillard a été «irresponsable» d’annoncer «en grandes pompes» un projet de tramway à Québec alors que l’entente avec le fédéral n’était pas encore conclue. 

M. Legault dit «comprendre» la mairesse de Montréal Valérie Plante, qui s’est fait promettre de l’argent par le gouvernement fédéral pour du transport en commun dans sa ville, et qui ne veut pas que cette cagnotte soit redirigée vers à Québec. 

Pour Pierre Arcand, le gouvernement de la CAQ «se vante de faire des deals», mais il a de grandes difficultés à signer des ententes, «particulièrement avec le fédéral». 

Plus de souplesse

Dans une lettre datée du 8 mars que Le Soleil a pu lire, le sous-ministre canadien de l’Infrastructure et des Collectivités écrit à son homologue québécois pour l’informer de changements à l’enveloppe pour financer les projets de transport en commun de 5,2 milliards $. Ces changements visent à donner plus de souplesse aux provinces dans la réalisation de leurs projets prioritaires. 

La lettre indique que des fonds dédiés au transport en commun peuvent être transférés dans un autre programme immédiatement, plutôt qu’en 2021. Sauf que «les municipalités et les commissions de transport dont le financement sera transféré doivent attester qu’elles n’auront pas besoin de ce financement fédéral», d’ici 2028.

Il revient donc à la Ville de Montréal, qui obtient la part du lion de l’enveloppe de 5,2 milliards $, de donner son accord pour un transfert. La mairesse Plante a déjà fermé la porte à l’idée de laisser du financement fédéral pour le transport en commun lui filer entre les doigts.

Rencontre prévue 

Une rencontre est toutefois prévue jeudi à Montréal entre le président du Conseil du Trésor Christian Dubé et la mairesse de Montréal Valérie Plante pour discuter de cet enjeu. «Je pense que c’est une demande très claire du fédéral qu’on doit discuter avec Montréal pour voir s’il y a un terrain d’entente possible. J’ai beaucoup confiance en l’ouverture de la mairesse», a commenté M. Dubé mercredi. 

La ministre responsable de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault aurait quant à elle préféré que le fédéral accorde un vrai «pouvoir discrétionnaire» à son gouvernement d’utiliser la somme de 5,2 milliards $ comme il l’entend. À l’heure actuelle, il manque toujours 800 millions $ pour réaliser le projet de transport structurant de trois milliards $.