Le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, se dit «certainement» préoccupé par la protection des terres agricoles lors de la construction du troisième lien. Mais il est trop tôt selon lui pour savoir si le projet aura une incidence sur les terres agricoles de Lévis et de Bellechasse.

Terres agricoles autour du troisième lien: le ministre Lamontagne inquiet

Si son parti veut construire un troisième lien routier entre Québec et Lévis, il devra s’assurer de le faire «selon les règles» qui protègent les terres agricoles, indique le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.

Appelé à réagir à la position de l’Union des producteurs agricoles (UPA), qui s’oppose à la construction du troisième lien, le ministre Lamontagne s’est dit «certainement» préoccupé par la question.

Il est trop tôt selon lui pour savoir si ce grand projet routier aura une incidence sur les terres agricoles de Lévis et de Bellechasse. «Faudrait voir le résultat final […] Je ne connais pas l’étude, exactement les tracés.»

Le ministre Lamontagne indique toutefois qu’il s’intéressera à la question et qu’il fera part, «bien sûr», de ses préoccupations à ses collègues. «C’est la question de la protection des terres agricoles. Quand il y a des projets qui sont faits qui viennent mettre une pression sur les terres, il faut s’assurer que quand c’est fait, c’est selon les règles. Ce projet-là peut présenter ce potentiel-là. Mais c’est très embryonnaire encore.»

L’UPA opposée

Le président de l’UPA, Marcel Groleau, est quant à lui persuadé que la construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis provoquera de l’étalement urbain et détournera des terres agricoles de leur mission. «Je ne connais aucun projet de transport au Québec qui n’a pas eu cet impact-là. À chaque fois, ce sont les terres agricoles qui écopent», déplore-t-il.

C’est pourquoi l’UPA s’oppose au projet. Une position qui reflète l’opinion traditionnelle de l’UPA, qui s’était aussi opposée au prolongement de l’autoroute 73 en Beauce. 

M. Groleau croit que le ministre Lamontagne a eu mardi «une position prudente et intéressante» sur le troisième lien, un projet qui fait pourtant partie des engagements de la Coalition avenir Québec pour la grande région de Québec. Le parti s’est engagé à commencer la construction de ce pont ou de ce tunnel, qui passerait à la pointe de l’île d’Orléans, d’ici 2022.

Le président de l’UPA croit que la protection du territoire agricole est un enjeu qui était jusqu’à maintenant absent de ce dossier, mais dont il faut discuter.

Entente Québec-Lévis

«À Montréal, la conscientisation pour les terres agricoles est plus grande. La communauté métropolitaine a pris comme engagement de ne pas toucher aux terres agricoles. Mais on n’a pas ça à Québec», commente M. Groleau. Le président de l’UPA croit que les villes de Québec et de Lévis doivent d’abord s’entendre sur la solution qui réduira la congestion routière et ensuite collaborer pour avoir une vision commune du développement durable de la région. L’UPA, tout comme des groupes écologistes, des urbanistes et des architectes, fait partie de l’alliance ARIANE, qui milite pour que le Québec se dote d’une Politique nationale d’aménagement du territoire.